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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 11:34

Il y a des gens comme mon estimé confrère Movieslayer qui vont voir un film au cinéma et qui en font une super critique éclairée. Je suis allée voir récemment Le Passeur (The Giver) et Interstellar, et voici ce que j’en ai retenu :

Dans Interstellar, ce bon Matthew explique à sa fille qu’il se barre à l’autre bout de l’univers sans certitude de retour tout simplement parce qu’il en a profondément envie, même si elle va lui manquer. Il dit que quand on fait des enfants, on a tendance à devenir leur fantôme, à n’être que des acteurs de leur histoire. On perd sa propre vie de vue, on devient des personnages secondaires. Pourtant on reste des individus à part entière avec des rêves plus gros que nous. Faut-il les poursuivre quand même ? Moi j’aurais fait comme Matthew, mais il faut dire que sa fille m’énervait depuis le début du film.

Dans Le Passeur, un vieux monsieur transmet à son successeur les meilleurs moments de l’humanité via des souvenirs. Que sont-ils, en vrac : faire de la luge. Glander sur un bateau au milieu de l’océan, au moment du coucher du soleil. Se marier à la campagne (et visiblement au 18eme siècle). Ces flash sont censés symboliser les moments les plus agréables d’une vie humaine, des moments de bonheur intense et de joie pure. Si on oublie le mariage d’époque qui malheureusement va être difficile à vivre en 2014, je me rends compte qu’il serait difficile dans ma vie aujourd’hui de trouver un moment à isoler et à transmettre aux générations futures. La douce sonnerie des wagons de la ligne 7 le matin ? Les trottoirs tout gris de Paris. Faire la vaisselle un samedi soir parce que ça fait un mois et demi qu’on y a pas touché. Du coup, je crois qu’il me faudrait injecter un peu de joie dans tout ça, un peu de légèreté et un peu d’amour (universel).

Ça ne me ferait pas de mal, vu que je suis un peu tristoune présentement. Je sais que c’est le lot de pas mal de gens en ce beau mois de Novembre 2014, qui s’annonce d’ores et déjà comme un grand millésime de la lose. C’est comme si une chape de plomb se traînait au-dessus de Paris, en tous cas au-dessus de la boutique. Il n’y a pas grand monde, il fait nuit à seize heures, la rue n’est pas illuminée, j’ai l’impression d’être au fond d’un chaudron. Je me traîne une sorte de fatigue chronique, entièrement due à moi-même puisque je persiste à essayer de Skyper de temps en temps avec un individu qui n’a pas de boulot et le rythme biologique d’une chouette, ce qui fait que je me couche parfois à cinq heures du matin en semaine. Chez moi, le lien entre le moral et le sommeil est immédiat, quasiment aussi direct que celui entre ne pas boire assez et avoir une cystite, alors je reste toute grognonne au milieu de mes culottes à voir tout en noir. Une attitude constructive qui me mènera loin.

J’ai trouvé ce truc assez chouette sur les Internets : http://ask.fm/OndeeJeunePH

Ça te permet de poser tes questions anonymement à une pharmacienne. Ça m’aurait bien servi la fois où je me suis retrouvée à appeler la ligne d’urgence du Planning Familial parce que j’avais oublié un comprimé de pilule… Sinon tu peux aussi poser tes questions directement à ton pharmacien/ta pharmacienne, sauf si tu as la même que moi. L’autre fois j’y allais pour une histoire de vagin (pour résumer) et elle n’arrêtait pas de me dire de parler plus fort au comptoir bondé, alors j’ai fini par hurler « Voilà, j’ai eu mes règles il y a trois jours… » Au moins, cette fois, tout le monde avait entendu.

Mon appart est dans un état ahurissant, qui me renvoie aux heures les plus sombres de ma vie étudiante. Il y a des fringues partout sur le sol, des choses qui pourrissent dans le frigo et des sacs poubelles un peu partout. Pourquoi je laisse mon bordel me dépasser comme ça ? Pourquoi je ne le contrôle pas ? Il va quand même falloir que je me décide à ranger un de ces quatre, mais en fait mes rares heures passées chez moi en ce moment, je les consacre bêtement à Skyper ou à jouer à Fantasy Life sur ma Nintendo DS, donc je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

C’est un peu ma devise de Novembre, ça : y’a plus qu’à, fais ci, fais ça, mais bouge-toi. Ce coaching personnel du pauvre, prodigué par moi vis-à-vis de moi-même, atteint malheureusement ses limites. Je me fais des doigts d’honneur et j’envoie tout valser pour glander dans mon lit (sauf au travail où je m’oblige à tenir ma to do list, sinon le découragement est proche).

Liste des choses réjouissantes à venir cela dit :

- La diffusion en boucle de chants de Noël à la boutique

- Une participation à un calendrier de nu début Décembre (je ne sais pas trop pourquoi j’ai dit oui, mais ça va être cool)

- Des dîners ou soirées entre amis

- La semaine de vacances à Noël

- Monter d’un niveau dans Fantasy Life (que celui qui n’a jamais passé deux heures sur Candy Crush me jette la première pierre)

- Acheter des Ferrero Rocher parce que c’est bientôt Noël (ne cherchez pas, c’est d’une logique implacable)

- Dormir. Bientôt. Peut-être même suffisamment.

Hugs, cœurs et tourterelles sur vous les amis. Quand est ce qu’on va se boire un petit vin chaud ?

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 10:57

Des habits qui traînent un peu partout sur le sol de la chambre. Des valises à moitié défaites, par manque de temps, par flemme, par sentiment d’à quoi bon vu qu’on ne reste qu’un week-end. Des verres à demi pleins et des assiettes vides posés aux quatre coins de la pièce, qu’on laisse moisir là parce qu’on fera la vaisselle plus tard. Quand le week-end sera terminé. Quand la vie normale aura repris.

Du sexe un peu trop souvent, un peu trop brut, un peu trop intense. Comme si on emmagasinait de l’érotisme et des orgasmes pour les semaines à venir. Moins d’hésitation et moins de retenue, du sexe là où on peut, à chaque fois qu’on peut, toujours un peu chargé en électricité. Une routine qui n’a pas le temps de s’installer, même si les peaux se connaissent de mieux en mieux au fil du temps, mais petit à petit. Il faut du temps pour se reconnaître physiquement, pour faire renouer les corps à la descente de l’avion ou du train. On s’embrasse à peine, on se serre dans les bras. Au fil des heures qui suivent, on se retrouve, les sensations familières, sa peau contre la nôtre. On se reconnaît et le désir devient écrasant, parce qu’on sait que le temps est compté.

Des lits qui ne sont pas le nôtre, qui ne sont pas habituels. Qui le deviennent peu à peu au fil des partages. Un réseau de rues étrangères qu’on découvre, qu’on s’approprie petit à petit, dans lequel on regarde l’autre évoluer avec naturel, chez lui. On l’observe. On l’épie du coin de l’œil quand il rit avec ses amis, quand il prend sa mère dans ses bras, quand il discute avec son boulanger. Comme s’il y avait des signes cachés dans ce décor, des indices pour mieux cerner cette personne, cet encore inconnu. Son environnement habituel nous donnera peut-être des clés pour mieux le comprendre, pour compenser le temps qu’on ne passe pas à côté de lui.

Des couloirs d’aéroport à demi vides, qui s’étirent à l’infini. Les sachets miniatures de shortbreads ou de chips au vinaigre. Les contrôles de sécurité à répétition, les gestes appris par cœur, les différents terminaux que l’on sait placer sur une carte, le RER B qui n’a plus de secret pour nous. Des adieux sur des quais de gare, devant des guichets d’enregistrement, au pied de bus prêts à partir. On passe autant de temps à se retrouver qu’à se quitter, on a l’impression de sans cesse se dire au revoir. Quand le train arrive en gare ou quand l’avion atterrit, c’est l’excitation et la joie pure, le basculement dans une bulle, le temps d’un week-end, d’un séjour. Quand il faut rentrer chez soi ou le quitter, c’est l’abattement, la fin d’une parenthèse, un sentiment bizarre de solitude nouvelle. Une dent de scie permanente, entrecoupée de longues périodes de vide, pleines de conversations Skype et de textos tardifs, de likes Facebook et de Snapchats dénudés.

Entre les revoyures, la vie normale reprend, et c’est agréable. Mes potes, mon ciné, mes horaires, mon quotidien. On en viendrait presque à l’oublier, en tous cas oublier sa présence, son visage. On ne ressent pas trop le manque, on est content de s’absorber dans ses propres centres d’intérêt. On sait que quand on va se revoir, il va falloir s’ajuster à d’autres envies, d’autres horaires, d’autres préférences. A quel moment arrête-on de s’adapter pour commencer à s’effacer ? A quel moment cesse-t-on de faire de la place à l’autre, pour finalement le laisser s’étaler ?

C’est l’ennui avec la distance. On alterne les périodes où on se retrouve seul et où on retrouve toute la latitude de son indépendance, et des moments à deux presque douloureusement concentrés, trop intenses, vécus à outrance pour ne pas en rater une miette. Alors qu’il faudrait une montée sereine des sentiments, un apprivoisement lent et mutuel de l’autre, de la vie à deux, du couple. Là c’est chaud et froid, noir et blanc, tout ou rien. On fait avec. On essaie de ne pas se perdre tout en ouvrant grand les bras. On navigue entre ici et là-bas en essayant d’aimer les deux facettes de l’histoire, les périodes sans et les périodes avec. C’est un peu comme avoir deux vies, une de célibataire et l’autre de couple. Ça a ses bons côtés. Et ses mauvais aussi, l’épuisement après les Skypes nocturnes en semaine, une envie d’affection qu’on avait moins avant, puisqu’on s’était habitué à s’en passer, un sentiment parfois vague de tourner en rond ou d’aller nulle part.

Piano piano, on verra bien. On progresse doucement sur le tumultueux chemin des retrouvailles.

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:32

C’est toujours pareil : dès que je m’attache vraiment à quelqu’un, que je le juge réellement digne de confiance, je n’ai plus qu’une idée, lui jeter tout mon mal-être à la gueule. Le ligoter au lit et lui montrer toutes mes cicatrices, une à une. Lui ouvrir tous les tiroirs de mon crâne et en sortir tout mon musée des horreurs. Je veux me mettre à poil, plus qu’à poil, je veux m’arracher le cuir et lui montrer les muscles, le sang, les bleus. J’aimerais qu’il me connaisse toute entière, mais surtout les côtés sombres, les zones d’ombre, tout ce que je ne montre jamais à personne. La face cachée de ce que je suis.

Il verrait tout ce bordel qui me compose, toute cette chair en charpie, tout ce n’importe quoi et ces plaies pas bien refermées, et il ne partirait pas. Il les refermerait une à une, les plaies, il m’embrasserait sur mes bleus, il me caresserait les cheveux en me disant que ça va aller. Pas plus. Juste, il resterait là sans bouger. Et après, je n’aurais plus jamais peur, et je pourrai recommencer à vivre, un peu plus légère, moins abîmée.

Mais je sais bien que je ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas piéger quelqu’un dans tes recoins sombres, comme ça, sans prévenir. Et surtout, a priori, ce n’est pas la première chose que tu as envie de faire au début d’une histoire. J’imagine qu’au début, tu te montres sous ton meilleur jour, tu caches tes blessures, tu prends soin de l’autre, tu présentes ton bon profil et tes bons côtés. Ou peut-être pas ? Je sais pas, moi j’ose pas sortir les monstres du placard, je me cache comme d’habitude en restant en surface. J’ai tellement peur qu’il parte, toujours. Probablement parce que je me demande pourquoi il est là, pour commencer.

C’est sain, cette envie pressante de tout dévoiler, d’étaler les choses qui traînent tout au fond de toi ? Je dois être un peu exhibo, ou alors je dois en avoir peur moi-même. Il y a des moments, des histoires et des coups et blessures que je n’aime pas me rappeler, que je n’aime pas aller titiller. Je les laisse en paix en espérant qu’ils en fassent autant. Je me dis que si je reste tranquille, ces souvenirs vont arrêter de flotter en suspension et se déposer au fond de mon âme comme de la vase. Et ensuite, je les laisse pourrir là-bas et je me garde bien de remuer, pour ne pas les déranger. Je les ignore, j’essaie de ne jamais y penser, je refuse de m’en rappeler. Et au quotidien, ça marche pas mal. Je fonctionne plutôt bien, je ronronne à travers l’existence, mais il manque juste une pièce, un rouage de la machine. C’est pas grave, je compense par des distractions, les amis, des projets. Mais à force de frotter, peut-être que le joint va se rompre ?

Du coup, armée de quelqu’un dans ma vie, j’ai l’impression qu’il faut en profiter et sauter le pas, aller fouiller au fond du lac et remonter les souvenirs enfouis à la surface. J’ai envie de faire place nette, d’être libéré de tout, surtout de moi-même. Mais peut-être que c’est illusoire ? Peut-être que tout le monde se traîne des casseroles toute sa vie, peut-être qu’on en crée à chaque instant et qu’elles s’amoncellent juste les unes par-dessus les autres ? Oui mais quand même. J’voudrais quelqu’un qui panse les plaies, qui pose son doigt là où ça fait mal, pour supprimer un peu la peine.

De toutes façons, même si parfois j’ai envie de crier des insanités, même si ma bouche s’ouvre pour dire des choses que je n’ai jamais dites, je ne me retiens de toutes mes forces. Je m’en empêche physiquement, j’enfonce les ongles dans la peau de mes mains, je me mords les lèvres, je sens les larmes commencer à couler, de manière incompréhensible. Je ne sais plus si j’habite ma peau, si c’est bien moi qui suis là. Je ne sais plus qui est cette personne en face, pourquoi je suis avec lui, est-ce que tout ceci a du sens. De temps en temps, il y a des choses qui remontent, et j’appuie dessus pour les faire redescendre. Pourtant c’est sans doute beau, sain, ça veut dire que l’autre s’insinue sous ta carapace, te touche et te fait trembler, c’est probablement ça l’amour etc. Mais moi, ça me fait flipper, et je finis par lutter contre, par poser des limites. Si j’enlève tout, je me retrouve à nu et qui sait ce qui va m’arriver ? J’évite de me mettre dans une situation où je pourrais avoir mal. J’ai pas envie que l’autre s’en foute, se moque, s’en serve contre moi, mais par-dessus tout se casse, me laisse là avec ma peine affleurant et mes idées noires à la surface. Parce que je ne sais pas si cette fois, je saurai les enfouir à nouveau. J’ai peur de me laisser submerger sans quelqu’un à mes côtés.

Alors je laisse tout ça tranquille, je mets un couvercle sur tout ce qui frémit au fond, je laisse mijoter. Tout se passe bien, il ne me quitte pas, et s’il me quitte ça me fait moins mal, parce que j’ai la satisfaction de ne pas lui avoir tout dit. Je protège jalousement mes blessures, c’est peut-être idiot. Quand j’ai le blues, je n’arrive pas à expliquer pourquoi, et c’est compliqué. I’m such a mess. Je n’ose pas commencer à dérouler le fil parce que j’ai peur de ce que je vais trouver au bout. Alors j’essaie de ne pas y penser, de lui donner des coups de pieds dans les côtes, à la déprime. Je me sens mal, mais je ne sais pas comment l’exprimer. Je lui en veux, à l’autre, de ne pas deviner, de ne pas me dire les mots que je voudrais entendre, de ne pas me serrer dans ses bras. Mais comment pourrait-il savoir ? I’m ok. Je vais très bien. Je me tourne vers les amis, je raconte la peine à demi-mot, mais surtout je l’oublie, je me distrais et je pense plutôt à eux. Ça finit par passer, par retomber, le monstre retourne se coucher. Ce sont les montagnes russes à l’intérieur de moi, depuis mes dix-sept ans. Mais au moins, ce n’est plus seulement une chute en avant. Parfois, il y a des montées grisantes et des instantanés au sommet que je savoure, les yeux rivés sur le paysage, le visage tourné vers l’horizon. It’s gonna be ok.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 11:00

Je ne sais pas vous, mais il fait un peu morose ces temps-ci de mon côté. Déjà, l’automne s’est définitivement installé, j’ai remis mes collants, j’ai sorti mon écharpe en laine et il pleut à verse. De quoi déjà verser dans le pas terrible. J’ai plein de bonnes nouvelles autour de moi cela dit, un mariage, une naissance, une rencontre exotique, des gens qui se fiancent, qui changent de boulot, qui démarrent des nouvelles vies. J’en suis profondément ravie pour eux et sachez que c’est vous qui illuminez mon mois d’automne de par votre joie partagée.

Bon, à part ça je n’ai eu strictement aucun client hier, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Aujourd’hui, il est onze heures du matin et on dirait qu’il est neuf heures du soir. Les gens passent sous leurs parapluies transparents (grande classe, il faut que je m’en trouve un), voire emmitouflés dans leurs K-way transparents (ce sont des touristes). Pas trop un temps à essayer des culottes. Du coup, je bosse, je fais ma compta, je fais du ménage, je rêvasse un peu. Je vois des amis qui eux-mêmes sont parfois en petite forme, c’est la saison, c’est Octobre, Octobre c’est traditionnellement pourri jusqu’à Halloween, c’est-à-dire jusqu’à la fin.

Du coup, j’ai décidé de lutter, et j’ai décidé de partager avec vous mon secret anti-baisse de moral. Attention, c’est du lourd. C’est une thérapie par la musique et ça consiste principalement à écouter du rock féministe chanté par des meufs. Démonstration au cas par cas, avec videos en dessous:

The Donnas – Dancing with myself

Prescription : en cas de déprime généralisée

Bon, ok, je triche un peu là, parce que c’est une reprise de Billy Idol. L’original est mieux, mais cette version c’est celle des Donnas, c’est une meuf qui dit qu’elle danse avec elle-même, qui parle de boire un peu, de danser, du fait qu’il n’y a rien à perdre et rien à prouver. Banco, je suis certaine qu’elle parle de mon mois d’Octobre 2014.

The Runaways – Cherry Bomb

Prescription : en cas d’envie de tout plaquer et de devenir instructeur de plongée en Malaisie ou saisonnier en Australie

Excellent pour te rappeler que tu devrais n’en avoir rien à battre de ce que pensent de toi tes parents, et qu’il n’y a que toi qui décide de ta vie et qui peut la changer. Ah, et aussi que tu es une bombe à la cerise, ce qui est plutôt cool.

Joan Jett & the Blackhearts – Do you want to touch me ?

Prescription : en cas de période de célibat ou d’abstinence prolongée

N’oublions pas qu’il n’y a aucun mal à vouloir du sexe, ni à l’initier ou le chercher activement. D’ailleurs maintenant j’ai très envie de baiser. Ça peut motiver à se réinscrire sur Okcupid.

Pat Benabar – Hit me with your best shot

Prescription : en cas de rupture douloureuse, de prochaine rupture douloureuse, ou juste de ras-le-bol amoureux général

Frappe-moi avec tout ce que tu as (au sens figuré), voilà en gros le message de Pat. Et pourquoi? Bah parce que je suis super forte et que je peux tout encaisser, et même j’en ai rien à foutre. De quoi se redonner un peu d’énergie pour aller affronter la prochaine rencontre, la prochaine phase de célibat/de recherche, le prochain connard ou la prochaine connasse, bref, la vie.

The Donnas – Take it off

Prescription : en cas de grosse envie de baiser

Oui, bon, j’aime bien The Donnas, je l’avoue. Et j’aime particulièrement cette chanson qui n’a absolument aucun message à part J’ai envie de baiser, alors maintenant fous-toi à poil. Un bon coup de fouet avant ta prochaine date Tinder.

Beauty Queen – Lash

Prescription : en cas de crise de la confiance en soi en mode "je ressemble à rien"

Je ne suis pas un divertissement, je suis dangereuse. Et je suis une putain de Reine de Beauté, peu importe mes ongles rongés, l’état de mes cheveux ou le fait que je porte la même culotte que hier. Ça fait toujours du bien de se l’entendre répéter.

No Doubt – Just a girl

Prescription : en cas de baisse d’énergie et de coup de blues

Non, tu n’es pas une petite chose fragile qu’il faut protéger, dont il faut tenir la main et qui a peur de tout. Tu es juste une fille/femme, une meuf qui est donc capable de plein de choses. Et aussi, cette chanson est super pour hocher la tête en rythme.

Blondie – One way or another

Prescription : en cas d’envie de baisser les bras et d’impression qu’on ne va pas y arriver

D’une façon ou d’une autre, Blondie va le pécho, son mec. Et nous pareil, on va réussir ce qui nous tient à cœur. Surtout s’il s’agit de chopper. Le côté stalker de Blondie est d’ailleurs très réjouissant, elle fait complètement flipper : je vais te suivre, venir t’attendre devant chez toi, et si les lumières sont éteintes, je te retrouverai quand même…

Joan Jett – Bad reputation

Prescription : en cas de besoin soudain de se sentir super bad-ass

Je ne pouvais pas ne pas la mettre, même si à force de l’entendre dans un million de teen movies, elle a perdu un peu de son charme. Mais elle est toujours très efficace pour sauter partout tout seul dans ton appartement.

Hole – Malibu

Prescription : en cas de vague à l’âme indéfinissable

Tu es déjà tout abîmé alors que tu ne vis encore qu’à moitié – protège-toi et envole toi. J’adore la voix de Courtney Love, et qui n’a pas envie d’aller faire un tour à Malibu et de contempler le soleil couchant sur la plage en buvant des bières ?

Bon, voilà, vous savez tout, ma playlist secrète qui me sert bien en ce moment. S’y ajoutent, en vrac, Robyn & son Dancing on my own, Florence and the Machine & Dog Days are over, Marina and the Diamonds & Prima Donna Girl, Pink & tout son répertoire.

Et bonne journée à vous !

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Published by Nombre Premier - dans Films TV Books & Music
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 09:58

Hello les amis. J’espère que vous allez bien – long time no see. Je n’ai pas beaucoup écrit ici récemment, principalement parce qu’il y a eu la rentrée de Septembre, des choses à mettre en place à la boutique (à défaut de clients, qui reviendront je l’espère en Octobre !) A présent j’ai une apprentie en alternance pour deux ans. J’ai renouvelé mon bail. Je croule sous le stock. J’ai ouvert un petit corner ailleurs histoire de. Bref, petit à petit l’oiseau fait son nid.

J’ai aussi été moins présente physiquement à la boutique en Septembre car comme il n’y avait pas un chat, j’en ai profité pour laisser mon apprentie se faire la main. Il se trouve que ça m’arrangeait aussi parce que je me suis mise à fréquenter quelqu’un (copyright de l’expression : ma grand-mère de 85 ans). C’était sympa comme tout. Bon, maintenant il est reparti dans sa Grande-Bretagne natale et on est censé démarrer tout un truc à distance, joie et cœurs, angoisse et logistique, on verra bien ce que ça donne.

Je l’ai même invité à déjeuner chez mon frère le week-end dernier, à l’occasion de notre repas annuel pour fêter nos deux anniversaires respectifs. J’ai ouvert la porte et le Neveu m’a bondi dans les bras : Tatie tatie tatie ! Ok. Après deux minutes d’intenses retrouvailles, j’ai tourné Neveu vers l’Anglais et je lui ai dit : Neveu, je te présente l’Anglais. Le nain a gratifié le Grand-Briton de son regard le plus glaçant et a refusé de dire quoi que ce soit, avant de quitter mes bras et de s’enfuir dans sa chambre. Et bonjour à toi aussi.

On s’est ensuite tous retrouvés autour de la table basse pour l’apéro, l’Anglais tout intimidé, ma belle-sœur toute bavarde et contente à l’idée de dérouiller son English, mon frère tout en retrait en mode Je suis un grand frère protecteur. Mon neveu a avalé la quasi-intégralité du bol de noix de cajou avant de réaliser qu’on parlait une langue qu’il ne comprenait pas. Et ça, il n’a pas aimé du tout. Il a commencé par réclamer qu’on parle en français en fixant l’Anglais d’un air courroucé. Puis, quand sa mère lui a expliqué que vraiment, c’était pas possible, il a pris le parti de hurler à tue-tête BLABLABLABLABLA dès qu’on essayait d’avoir une conversation dans la langue de Shakespeare. Le truc qui met bien à l’aise, quoi. Il a quand même réussi à me parler un peu de l’école entre deux olives fourrées, et à me dire des trucs comme Mon autre tatie aussi elle a un copain. Puis on est passé à table, sa petite sœur de quatre mois nous regardant tous béatement avec son grand sourire trop choupi (même l’Anglais a dit qu’elle était choupi. Ne vous inquiétez pas, on utilise une contraception).

Durant le repas, mon neveu a continué avec ses BLABLABLA mais globalement le fait de manger l’a pas mal occupé. Vers la fin, comme il commençait à s’agiter, mon frère s’est mis en tête de l’intéresser au pauvre Anglais qui n'avait rien demandé en faisant un rapprochement avec Robin de Bois (l’idole du moment dans le petit monde de Neveu) : Tu vois, l’Anglais il vit dans la forêt de Sherwood. Air perturbé de l’Anglais : What did he say ? J’explique. Il dit : I don’t think it’s true. Mon frère : Just play along. (A Neveu) Et il a même un T-shirt vert, comme Robin des Bois ! Neveu était un peu suspicieux mais il a fini par se laisser convaincre. Du coup, il a logiquement voulu attribuer un rôle au nouveau-venu. Je vous rappelle que je suis la grosse poule, mon frère Petit Jean, ma belle-sœur Marianne, et mon père Frère Tuck (sympa). Devinez ce qu’est devenu l’Anglais ?

Le Shérif de Nottingham. En même temps, il fallait bien que quelqu’un s’y colle. Du coup, ce fut un excellent prétexte pour Neveu d’aller chercher sa peluche castor et de frapper l’Anglais avec en hurlant A mort le shérif ! Stoïque, le Grand-Briton a encaissé. Et puis, au moment du dessert, Neveu a eu une autre idée brillante : il s’est rappelé qu’il aimait bien Peter Pan aussi, et il a commencé à faire le crocodile qui a avalé une horloge. En gros, il s’est mis à ramper dans toute la pièce en hurlant (je dis bien hurler) TIC TAC TIC TAC et en agitant son popotin en rythme. C’était mignon/rigolo les vingt premières secondes. Puis c’était juste pénible. L’Anglais me demandait : What is he doing ? d’un air paniqué. J’ai essayé d’expliquer de mon mieux. Mon frère a fini par mettre Neveu au lit pour couper court à la représentation. On a fini notre thé et on filé sans demander notre reste. A peine sorti, l’Anglais m’a dit They are lovely people. Je lui ai jeté un regard interrogateur. Il a compris et il a développé : il a deux neveux JUMEAUX de trois ans. Chapeau, total respect.

Bref, c’était un chouette mois de Septembre. Mais quelque part, je suis aussi contente qu’il soit fini. C’était un mois inhabituel, un peu chaotique niveau organisation, à jongler entre le boulot et le temps libre, à découvrir une nouvelle personne. Maintenant qu’il n’est plus là, j’ai à nouveau du temps pour moi, ma routine habituelle, je peux voir mes amis plus souvent, je peux me remettre à fond dans le travail. Du coup, ça renforce l’impression d’avoir vécu une parenthèse, d’avoir été dans une bulle et de l’avoir brutalement crevée. En gros, c’est un peu tristoune les premiers jours. Mais advienne que pourra, et au moins c’était bien le temps que ça a duré, ce sera bien le temps que ça durera. Voilà, au moins vous comprenez mieux ma relative disparition IRL et sur ce blog.

Mais je suis de retour. Préparez-vous donc à une avalanche de grandes culottes.

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Published by Nombre Premier - dans Ma life
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 21:44

Bon, fini de plaisanter les copains. On raccroche les serviettes, on fait sécher les maillots, on remet le cartable sur le dos. Back to school, back to work, back to the shop. Malheureusement non, la vie ne peut pas être qu’un long fleuve tranquille de siestes, de mauresques et de parties de pétanque au soleil couchant.

Ou bien si ?

Mes vacances 2014 ont été, au global, un bien meilleur cru que celles de l’an passé. J’ai quitté la boutique le cœur mille fois plus léger, beaucoup plus calme et sereine. J’ai réalisé a posteriori que l’été précédent, j’avais eu besoin des cinq premiers jours (notre séjour à Naples) pour décompresser. Là, pas besoin, j’avais la super patate et le moral au beau fixe pour Istanbul avec les copines. C’était un voyage au top, malgré un début des plus chaotiques. Grâce à l’effet conjoint du retard de notre vol depuis Paris et de l’avance de notre correspondance à Rome, on s’est retrouvé à traverser l’aéroport en dix minutes, en grillant tout le monde au contrôle des passeports et en choppant le pire point de coté du monde, au point que j’ai cru que j’avais mes règles qui se déclenchaient mais en fait non, c’est juste que je ne fais jamais de sport.

Et puis, une fois montées dans l’avion, l’une d’entre nous a trouvé le billet abandonné d’une passagère précédente, et il s’est avéré qu’on avait galopé à travers tout l’aéroport de Rome pour remonter dans le même putain d’avion que celui qui nous avait transporté depuis Paris.

Bon, shit happens. On est quand même arrivées en Turquie le vendredi soir, les quatre fantastiques, ou les quatre dindes, c’est selon. L’hôtel était chouette et super bien placé. Premier soir, premier dîner en face de la Mosquée Bleue au soleil couchant, devant un bon kebab et une tranche de pastèque. Le bonheur de vivre.

Et puis des visites, plein de visites. Les mosquées au petit matin. Les chats, partout, tout le temps, pour ma plus grande joie. Le soleil. L’agneau grillé et les baklavas à la pistache. Les taxis et le grand n’importe quoi. Le sens de l’humour à la turque, qu’on a rarement saisi. Sexy baklava. L’achat d’un sarouel qu’on ne remettra jamais, pour la modique somme de trois euros. Le Bosphore en bateau au soleil couchant. Les îles aux Princes, la mer, les mecs qu’on a matés sans scrupules (mais avec discrétion). Le Turc nous a plu, globalement. On n’arrêtait pas de tomber en amour. Certaines ont ratissé, plutôt large (voir cet article pour la théorie du râteau). Les discussions de meufs, écroulées sur le lit en pyjama, devant un cocktail sur un rooftop de ouf, dans le taxi, au petit déj, partout, tout le temps. Les poils, les mecs, le porno, les filles, les autres, le couple, la vie, la famille, les amis. C’était bien. C’était parfait. Vivement l’été prochain.

Après cette escapade eurasiatique, j’ai pris le train pour le Sud, direction les parents. Par un incroyable timing, ma grand-mère paternelle est morte le lendemain de mon arrivée. Deuxième partie des vacances un peu doux-amère, grande joie de voir la famille, tristesse et tension du décès et de l’enterrement. La cérémonie était très belle. J’écoutais le curé officier et mon père pleurer, et tout ce que j’étais capable de me dire, c’est que c’est comme ça que tout finit : dans une boîte, entre quatre murs, avec des gens qui racontent ta propre histoire à leur manière, qui te reconstruisent de par leurs souvenirs. Mais ça te fait une belle jambe, ce qu’on a à dire sur toi, une fois que tu es dans ta boîte. Avant ça, avant l’encens et l’eau bénite, avant le cimetière de quelque confession qu’il soit, avant les hommages et les portraits, il faut vivre, vivre sans en rater une miette, sans repousser à jamais, sans se mettre des barrières. On sera bien assez coincé au fond de la tombe. On a fini par un repas de famille des plus animés, un peu flamboyant, aux frais de la défunte, en échangeant des anecdotes à son sujet et à propos de tout et n’importe quoi. Mon premier enterrement.

Chez mes parents, il y avait aussi mon neveu et ma nièce, la douce progéniture de mon passionnant grand frère. Si la petite sœur est encore un peu jeune pour être intéressante (sa brève existence se compte encore en mois), mon neveu est clairement un personnage qui ne peut être ignoré. Littéralement, déjà : à la moindre tentative de m’éclipser, il me hurlait dans les oreilles Tatiiiie, tu viens ! Je viens, oui chef, bien chef.

Je suis venue partout : dans le jardin voir les escargots, dans le salon voir Robin des Bois ou Peter Pan, dans la cuisine pour lui servir un verre de grenadine, dans sa chambre pour lire une histoire, dans le petit bois au fond du jardin pour jouer. Mon neveu, cet été, c’était Robin des Bois, bâton fièrement dressé, arc bandé (ce ne sont pas des métaphores sexuelles, il n’a pas encore trois ans). Il se baladait dans sa petite pinède en propriétaire de l’endroit, faisant du feu imaginaire et affrontant des loups hypothétiques. Sa mère était évidemment Marianne (complexe d’Œdipe bonjour). A noter que mon propre père est devenu Frère Tuck, probablement à cause de la calvitie. Quant à moi, le premier jour, j’ai eu l’immense honneur d’être Petit Jean, le pote de toujours de Robin, celui avec qui il se marre et fait les quatre cents coups. Je le suivais partout en disant Où on va, chef ? Je te suis, chef, et ça le faisait rire aux larmes. Et puis, le deuxième jour, je suis venue le retrouver dans le petit bois pour jouer, et mon frère était déjà là. J’ai demandé à mon neveu : C’est qui, ça ? Il m’a répondu : C’est Petit Zean. J’ai donc logiquement demandé : Mais je suis qui, alors, moi ? Et là, il m’a assenée d’un air hautain, pendant que mon frère ricanait sournoisement : Toi, tu es la grosse poule.

La grosse poule, c’est Gertrude, la copine de Marianne. Mon frère avait fait remarquer au chef que Petit Zean ne pouvait pas être incarné par une fille, et j’avais donc écopé du rôle de la grosse poule de Disney. Bon, après je me suis souvenue que ce personnage est super cool, pas du tout genrée, courageuse et drôle, et j’en ai pris mon parti. Même si mon frère a persisté à m’appeler Gertrude tout le reste du séjour (il a tout de même 33 ans, je le rappelle).

Et puis voilà, aujourd’hui c’est le retour à Paris, le retour au travail, le retour à la vie de tous les jours. J’ai beaucoup discuté et amélioré la théorie de la brique (voir début ici), durant ces vacances. Deux autres comportements typiques de la brique à noter :

- Quand tu lui dis que tu ne te sens pas bien dans la relation et que tu envisages de rompre, il te répond Ok, très bien, si tu ne te sens pas bien, je n’y peux rien et je préfère te laisser partir. Ou alors, tu pourrais aussi essayer de changer ta façon de faire, non ?

- Quand tu pointes certains indices communément admis comme faisant partie d’une vie de couple plutôt florissante et en mode roue (la rencontre de ses parents, le fait de ne plus mettre de capote, le fait de rencontrer ses potes…), il te répond que lui ne voit pas en quoi c’est impliquant et que c’est encore toi qui t’es fait des idées. Mais bien sûr. Et ma main sur ta gueule, c’est juste une idée aussi ?

Bon. J’ai également décidé de changer la conclusion de mon premier article sur le sujet. Je disais précédemment que j’en avais marre d’être une roue qui se heurte sans arrêt à des briques, et que j’allais donc moi-même me transformer en parpaing. Sauf qu’en fait, non. Je ne peux pas aller contre ma nature profonde qui est de rouler librement aux quatre vents. Je vais donc tenter, je dis bien tenter, de trouver une roue avec qui faire un bout de chemin. J’ai très récemment eu vent de quelques exemples dans mon entourage qui m’ont redonné espoir dans l’existence de roues masculines hétéros. Après, qui sait, ce sont peut-être des mirages et peut-être vais-je encore finir par me prendre une brique de plein fouet, mais ce sont les risques du métier, advienne que pourra.

Et en vrac, pour terminer : bons baisers aux Marseillais. Mes félicitations aux récents fiancés. Miss un bon paquet de monde que je n’ai pas vu depuis trop longtemps. Désolée pour l’absence soutenue de nouvelles, je rattrape mon retard de communication bientôt. Il pleut toute cette semaine à Paris. Je vais bosser. Je vais rêver au Montenegro, aux calanques et au Hampshire. Que Dieu vous garde, mes enfants, et bonne rentrée à tous !

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 10:22

Girls. Les meufs. Les filles, les femmes, les copines, les amies. Celles que tu appelles quand tu as besoin de relâcher la pression. Celles que tu textotes cinquante fois par jour. Celles que tu retrouves toujours avec plaisir et un grand sourire. Je me félicite tous les jours d’être si bien entourée.

Les filles en one on one, autour d’un verre en terrasse, d’un MacDo, au bout du téléphone. Parler de tout, de rien. De sujets légers – de garçons, de sexe, de collègues, de gens qu’on connaît, comme les épisodes successifs d’un bon feuilleton. Aborder les sujets plus importants, plus graves. La famille, le couple, la carrière, l’avenir. Pouvoir tout se dire. Raconter le moment qui nous obsède en détails, sans rien omettre, et attendre l’avis bienveillant, le bon conseil rassurant. Juste pouvoir le sortir de notre tête en fait, juste pouvoir le confier à quelqu’un, le revivre avec lui. Un poids en moins. Savoir qu’il y a un autre dépositaire de ce moment peut-être insignifiant, peut-être crucial. Savoir que les instantanés de notre vie sont entre de bonnes mains.

Parler de rien, aussi. Du quotidien. Des petites embrouilles. Des contrariétés de tous les jours. Faire des blagues pour exorciser, pour penser à autre chose. Passer en une phrase du small talk à la considération philosophique. Faire une analyse au Starbucks et résoudre ses problèmes relationnels autour d’un MacFlurry. Se sentir proche de la personne en face, presque connectée physiquement, savourer tout ce qu’il y a d’intime dans les confidences sans trop de filtre, dans le moment présent. Etre en confiance. Rattraper le temps perdu, parfois. Résumer de longs mois de sa vie en quelques phrases. Aller à l’essentiel. Jusqu’à se retrouver toutes les deux au même endroit, accoudées à la même balustrade, le sourire aux lèvres, l’envie de se revoir bientôt.

Les filles en groupe. Les bandes de meufs, les retrouvailles du crew, les tablées de douze. Les potes de potes, les collègues, les sœurs ou les cousines, toutes sont bienvenues. Les voix qui portent, on parle fort, on se vanne dur, on rigole sans arrêt. On sent monter la joie de se revoir presque concrètement, comme un fluide qui grimpe le long de nos jambes, qui déborde de tous nos pores. On fait de grands gestes, on commande des verres, on emmerde le serveur, on dérange les autres gens sur les quais de Seine. On s’apostrophe, on balance par ci par là des informations factuelles sur notre vie, le boulot, les vacances, RAS, on fait un petit état des lieux pour le bénéfice de la troupe. Quand on a traité les menues contrariétés et les nouvelles infos, on peut passer aux sujets de fond, les marronniers de ce genre de réunion. Les mecs, bien sûr. Celles en couple sommées de statuer sur leur relation : tout va bien ? Next step ? Vacances en commun ? Rythme de revoyure ? Tout roule ? On valide, adjugé, on peut passer à la suivante. Les célibataires ou celles plus dans le flou en profitent pour se confronter à d’autres opinions, recueillir des avis, établir un panel. Soumettre une situation, un garçon, une décision, au vote des participantes, pouce en l’air, pouce en bas. Des sous-groupes se forment parfois, plus propices à la confidence. Dans ce genre de petites bulles, on avoue plus facilement les choses moins roses, la solitude, le doute, l’angoisse, la peur. On en parle à demi-mot, à mi-voix, comme quelque chose d’un peu embarrassant, un peu tabou. Mais de savoir qu’on n’est pas toute seule à ressentir ça, on se sent mieux. On se rassure. La force du groupe. La force des autres filles.

Elles sont si fortes les filles entre elles. Elles sont d’acier, de béton, de pierre. Elles n’ont peur de rien, elles avaleraient des montagnes, et toutes les couleuvres sur leur chemin. Elles savent par cœur les pièges sur leur route, elles reconnaissent d’instinct les situations foireuses. Elles sautent parfois à pieds joints dedans, sciemment, en l’avouant sans honte à leurs camarades. On a besoin de se tromper parfois. On a besoin d’aller au bout de son erreur. Pas de jugement. Les filles reconnaissent leurs propres limites, leurs points faibles, ce qui les fait craquer à tous les coups. Elles se connaissent par cœur. Du coup, elles ont l’impression de connaître les garçons par cœur aussi. A force d’en parler, de décortiquer, de démonter les mécanismes, ils finissent par beaucoup se ressembler, par paraître presque interchangeables. Elles tentent même de les ranger par catégorie, de leur attribuer une étiquette, pour y voir plus clair, pour se faciliter la vie. Enfin, ceux qui ne comptent pas, ceux qui ne font que passer. Les importants, ceux qui marquent, ce sont justement ceux qui échappent aux catégorisations hâtives, qui ne sont ni des briques, ni des connards, ni des flippés du couple, ni des trompeurs, ni des lâches. Ceux qu’on ne peut pas immédiatement affubler d’une tare, et qui du coup semblent presque trop beaux pour être vrais. Ceux qu’on finit par résumer pudiquement d’un « je l’aime bien ». Les autres se réjouissent, les autres applaudissent : ce n’est pas tous les jours qu’on aime bien un garçon.

Un garçon, ou une fille d’ailleurs. Plusieurs filles, plusieurs garçons. La liberté. La liberté de ne pas être jugée, de parler de sexe comme on veut, d’exprimer ce dont on a besoin, d’être sale, d’être crue, d’être honnête. De manifester un énervement partagé et non minimisé, rationnalisé, méprisé. D’être soutenue dans ses revendications, dans ses convictions. Une forme d’adhésion plus automatique qu’avec des garçons souvent, parce qu’il faut leur réexpliquer, leur faire prendre conscience que, leur faire enfiler un peu nos chaussures et marcher avec. Une forme de solidarité du genre, qui n’exclue pas toutes les autres solidarités bien sûr.

J’ai de la chance d’être entourée de tant de femmes remarquables. Entourée au sens large : les amies proches ou moins proches, celles que je vois une fois par an, celles que j’ai tous les jours au bout du texto, celles que je croise sur les réseaux sociaux, celles avec qui je travaille de près ou de loin. Il y a toujours quelque chose que j’admire chez elles. Je suis aussi entourée de garçons formidables que j’admire parfois tout autant. Mais aujourd’hui, j’avais envie de parler des femmes dans ma vie. Et de les remercier de me pousser autant en avant, parfois inconsciemment, parfois à leur insu. Who run my world ? Girls.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 14:24

Mon dernier post laissait sans doute penser que j’étais à l’article de la mort, roulée en boule au fond de mon lit devant un pot de Ben&Jerrys au beurre de cacahouète. Eh bien pas du tout. J’étais au Salon de la Lingerie. Au milieu des mannequins canonissimes, des bonbons offerts par les marques anglaises et de la putain de pluie qui décidément ne cesse de s’abattre sur Paris, il y avait les futures collections du printemps/été prochain et j’ai envie de tout acheter. Petit scoop : la tendance c’est les pastels, le jaune pâle, le vert menthe, le rose poudré. Beaucoup de dentelle noire. Dans les couleurs vives, corail ou vert d’eau très vif. Bref, ça va envoyer du pâté.

Mais tout de même, il y a une continuité entre mon dernier article et celui-ci. J’aimerais aujourd’hui partager avec vous une théorie, voire un mode de vie, qui m’a été inspiré de mes récentes rencontres et du comportement d’individus plus ou moins proches qui m’entourent. J’ai nommé, la tactique de la brique.

 

Devenir une brique, c’est mon objectif. A l’heure d’aujourd’hui, je suis plutôt de la famille roue. C’est-à-dire que je suis quelqu’un de pragmatique, force de proposition, dans le concret, qui se projette. Le pire, c’est qu’être une roue, c’est-à-dire quelqu’un qui avance, m’est d’une grande utilité dans ma vie professionnelle et privée. C’est ce qui fait que j’organise de chouettes vacances à l’avance, que j’ai réussi à monter ma boîte et que j’arrive à peu près (grosso modo) à garder contact avec plein de gens que j’aime. Mais j’ai remarqué que dans les relations sentimentales, ça ne sert strictement à rien d’être une roue. Roue = loser. Ceux qui s’en sortent le mieux, sans dommages mais avec intérêt, ce sont les briques.

Qu’est ce qui caractérise une brique, me direz-vous ? Tout simplement la force d’inertie. La brique est là, immuable, et cela suffit. La brique n’a pas de jambes, de roues ou de moteur à réaction : quel intérêt aurait-elle à se mouvoir ? Elle est là, plantée sur son muret ou au milieu d’un champ, et elle ne compte pas en bouger d’un iota. Elle va plutôt attendre que vous, la roue, vous veniez à elle, sur votre petit pneu en caoutchouc. Pendant ce temps, la brique continue de se chauffer au soleil et ne prend absolument aucun risque.

 

Quelques signes qui vous permettront de reconnaître que la personne que vous datez – ou vous-même en fait – est une brique :

- La brique ne propose jamais de vous voir. Elle ne communique jamais de date concrète ni n’essaie de fixer un soir dans la semaine. La brique n’entreprend aucune démarche, par définition. Elle ne fait rien, elle attend que vous proposiez, vous organisiez. Comme ça, elle se garde le luxe de pouvoir refuser la date suggérée si ça l’arrange moyen. Mais attention, même si elle refuse, elle ne proposera pas une autre date. Bah non, c’est une brique, donc elle oppose un « non » ferme sans se préoccuper d’entrer en mouvement.

- La brique peut se montrer très sentimentale par texto, par Skype etc. Elle peut vous assurer qu’elle vous kiffe, elle peut vous répéter qu’elle a hâte de vous voir, voire elle peut discourir sur le charme discret de vos fesses pendant de longs sextos. Logiquement, en bonne roue que vous êtes, vous attendez donc une proposition d’entrevue, une date de rendez-vous, une occasion de baiser, enfin quelque chose. Mais c’est bien mal connaître la brique : pour elle, évoquer une envie (de baiser ou de se voir) ne se traduit pas en action concrète. Exprimer cette envie, c’est déjà pas mal. Le passage à du pragmatique, c’est pas pour aujourd’hui.

- En parlant de pragmatique, la brique a justement du mal à comprendre la définition de ce mot. C’est pas faute de l’expliquer pourtant : vous pointez par exemple le fait que vos deux emplois du temps respectifs soient surchargés, ou que vous ne vivez pas au même endroit géographiquement… Bref, qu’il y a quelques contraintes d’ordre pratique à l’épanouissement complet de votre relation. Mais ça, la brique ne l’entend pas. Elle a toute confiance en sa force d’inertie et se dit que tout va finir par s’arranger. Oui oui, elle croit dur comme fer que sans essayer un minimum de trouver une soirée de libre en commun ou juste de discuter de comment se rejoindre entre Paris et Buenos Aires, vous allez quand même finir par vous voir un de ces quatre. Par l’intervention de la Fée du Pragmatisme, peut-être, qui sauve les âmes dépourvues de cette intéressante qualité. Du coup, les basses servitudes de la vie pratique telles que l’agenda ou les billets d’avion restent ignorées de la brique, qui de toute façon, on le répète, n’envisage même pas d’avoir à se déplacer à un moment.

- Dans la même veine que le fait de vous voir n’implique pas forcément de trouver une date, le fait de développer des sentiments pour vous n’implique pas forcément d’œuvrer à être auprès de vous, dans tous les sens du terme. Géographiquement d’abord, on l’a dit. Il semble par exemple difficile au commun des mortels de continuer à être en couple avec quelqu’un qui au bout d’un an de relation n’est pas prêt à essayer de réduire la distance de onze mille kilomètres qui vous sépare. Et pourtant, la brique ne voit pas le problème là-dedans. Idem, rien que le fait de se dire « en couple » peut effrayer la brique, même si c’est au bout de dix plombes de baisage et de dimanche soirs devant la télé.

Bon en gros, quel intérêt y a-t-il à dater une brique ? Aucun. Mais par contre, c’est génial d’en être une. Votre camarade roue vient spontanément suggérer des dates, des trucs à faire, des moments où se voir. Quand vous n’avez pas envie, vous dîtes non sans élaborer, et si la roue en face l’a un peu mauvaise, vous la rassurez en disant que oui, vous avez envie de la voir. Il vous est juste impossible de lui dire quand. Et surtout, vous ne vous prenez pas la tête. Vous n’êtes jamais la proie au doute. Vous êtes simplement confiant en la force d’inertie, en votre masse statique, qui finira bien par attirer les bonnes choses et les bons moments, d’une manière ou d’une autre. Vous êtes tel le Bouddha, mais en parpaing.

J’ai entrepris ma transmutation de roue en brique, dans l’espoir de mettre un terme à mes questionnements sentimentaux psychotiques, provoqués par d’autres briques et parpaings. L’autre solution aurait été de rencontrer une autre roue, et nous aurions pu filer de concert sur les petits chemins de campagne, la jante au vent. Mais j’ai rarement rencontré d’autres roues chez le sexe opposé, et ceux que j’ai rencontrés sont devenus des amis ou un peu plus, mais jamais un partenaire de VTT.

A noter que je n’ai jamais été une ventouse, c’est-à-dire quelqu’un de trop vite attaché, trop vite impliqué, trop étouffant. Non, je fus durant les 27 premières années de ma vie une roue de vélo qui va tout droit et qui se mange parfois de grosses ornières. A présent, il est temps de devenir un bon gros bloc de ciment immobile et d’attendre que les roues qui se baladent quelque part dans la nature viennent me rendre visite d’elles-mêmes.

Souhaitez-moi bonne chance. C’est pas gagné.

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 20:00

Parce que j’imagine que la peine doit sortir d’une façon ou d’une autre. Je m’enjoins à rester calme, à la patience, à la sérénité. Je respire par le ventre et je fixe l’horizon pour essayer de ne pas y penser. Parfois j’ai la nausée, une envie de vomir soudaine et inexpliquée qui me fait comme un coup à l’estomac. Je suis malade. Je suis malade de l’angoisse liée à toi, plus exactement.

Toi tu es la dernière personne entrée dans ma vie, la dernière d’une liste qui s’allonge au gré de mes coucheries et de mes rencontres. Tu es en bout de file mais je pressens que d’autres suivront, que la liste ne s’arrêtera pas là. Quand sait-on qu’elle s’arrête, d’ailleurs ? Celui qui va conclure l’histoire arrive-t-il avec un petit panneau « last », te prévient-il avec un grand sourire « Au fait, je suis le dernier, pas la peine d’attendre quelqu’un d’autre » ? En attendant cet hypothétique bon dernier, je guette les signes, j’essaie de pressentir que tu es au moins là pour un moment. Sans grand succès.

Je t’ai rencontré et pendant qu’on se parlait tous les deux, pendant que plus tard on s’embrassait, pendant qu’on faisait l’amour ma tête était vide et je ne me posais aucune question. C’était le bonheur, quoi. J’étais uniquement dans le moment présent et je touchais enfin le zen du doigt. Et puis il a fallu qu’on se sépare, inévitablement, qu’on quitte le lit, qu’on quitte nos bras mutuels, qu’on aille bosser ou dormir ou faire autre chose, et les questionnements ont commencé à réapparaître. Progressivement, d’ailleurs, avec des hauts et des bas qui font croire un instant qu’on est au-dessus de tout ça, qu’on a dépassé ce stade. Mais non, passé quelques jours ou quelques heures selon les gens, ils sont à nouveau là à plein temps, les doutes et les anxiétés et le mal au creux du ventre.

A présent je sais négocier avec les angoisses sentimentales. Je m’adresse à elles dans ma tête en essayant de les contrôler à coup de raison et de logique. Non, ça ne sert à rien de renvoyer un texto, s’il veut répondre il le fera. Il y a tout un tas d’explications rationnelles à son silence numérique. Et d’ailleurs, même s’il ne répond pas, ce n’est pas grave du tout, parce que petit a), petit b) et tout le tralala. Je tente de mettre les questions sous cloche, de les isoler du reste de ma personne et de ne pas me laisser contaminer. En quarantaine, les choses de l’amour. Je me dis que si quelque chose de positif arrive, je soulèverai la cloche comme un maître d’hôtel guindé et je me ferai une surprise magnifique à moi-même. J’ai toujours aimé les surprises.

En attendant je vis en évitant soigneusement ce pré carré, en faisant de grands détours mentaux pour l’éviter. Je ris, je vois des amis, je bosse. Je vis comme d’habitude, mais un peu moins fort. Non, en fait, pareil que d’habitude. C’est juste que pendant quelques instants volés, j’ai vécu un peu plus fort, alors tout semble légèrement terne en comparaison. Il y a eu une parenthèse où les textes des chansons d’amour s’adressaient à moi, où le pronom « nous » pouvait être utilisé, où il devenait à nouveau important d’avoir des capotes dans le sac, d’être épilée, d’avoir une culotte sans trous ou les cheveux propres un mardi. Il y a eu quelques moments de grâce où j’ai entraperçu un avenir paisible et excitant à la fois, fait de balades main dans la main, de siestes crapuleuses du dimanche et de vacances en amoureux.

Et puis maintenant, il y a à nouveau rien.

Il y a bien sûr toutes les autres choses qui composent ma vie, tous ces gens qui comptent pour moi, tous ces projets divers et variés, des perspectives réjouissantes et de belles soirées. Mais ça me fait rétrospectivement mal de me rendre compte que je suis plus heureuse avec quelqu’un dans ma vie. J’aimerais tellement n’avoir besoin de personne, jamais. Rencontrer quelqu’un qui me plaît ne me remplirait que d’une joie sourde et d’une douce chaleur, et sa disparition éventuelle ne me causerait qu’un léger chagrin mesuré et passager.

Au lieu de quoi, ce temps qui passe sans nouvelles et sans réponses me perturbe profondément. Je me dis que je suis à l’orée d’une nouvelle déception, à quelques centimètres d’un nouveau mur à percuter. J’ai un sentiment de gâchis, de culpabilité diffuse, de grande tristesse. Je suis à fleur de peau, je me demande si je n’ai pas un problème, j’ai l’impression que je ne tomberais jamais amoureuse et réciproquement, je me dis que c’est ma faute, que je suis trop exigeante, pas assez détachée, que je me pose trop de questions. Je n’aurais pas dû coucher avec lui aussi vite. Je n’aurais pas dû autant le faire attendre. Je n’aurais pas dû faire cette blague – et pourquoi avoir prononcé cette phrase ? Et ce putain de dernier texto sans réponse qui me hante, ce point d’interrogation au bout qui attend en vain, qui ne voit toujours rien venir. Je me remémore mes échecs passés en essayant de comprendre où j’ai foiré. J’essaie de me dire que ce n’était pas fait pour se faire et qu’il y en aura d’autres, qu’il y en aura un autre, un dernier sur ma liste, quelque chose qui compte en tous cas. Mais évidemment, ces moment-là me laissent un bleu sur la peau, une marque indélébile plus ou moins profonde qui s’agglutine aux autres qui pèsent déjà lourd. Et plus tu avances dans la vie, plus tu es marquée par ces douleurs passées, cette tristesse intense des longues périodes de solitude, ces balafres multiples des histoires avortées. Ce n’est que plus dur après de se relancer dans quelque chose, de croire à des débuts sans penser à des fins, de rester ouvert tout en sachant qu’on va avoir mal, de chercher à ne pas faire souffrir tout en souffrant soi-même.

Je n’attends donc plus, je crois que j’ai fini par comprendre pour cette fois. Je comprends que cet embranchement de ma vie sentimentale était une voie sans issue, et qu’il faut reprendre la route. Remettre son sac sur son dos, épousseter son pantalon, ajuster ses lunettes de soleil et repartir bon train dans le désert saharien, jusqu’à la prochaine oasis. Qui sait, on tombera peut-être même sur une ville. Je crois qu'ily en a assez des mirages.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 13:24

Il y a quelques jours, une jeune femme que je connais a publié un Tumblr sur le harcèlement de rue. Le principe est simple : un portrait photo d’une femme et à côté, écrit sur fond noir, son expérience personnelle du harcèlement de rue. Je vous propose d’aller y jeter un œil ici même si vous le souhaitez.

L’initiative a été relayée par le Nouvels Obs, l’Express, et j’en passe. Et elle a aussi été commentée sur un forum bien connu consacré à l’origine aux jeux vidéo, mais qui s’est malheureusement illustré avec le temps comme cloaque de l’internet français, mais sans le charme de 4chan. L’un des participants a lancé un fil de discussion sur ce Tumblr. Il m’a semblé intéressant de jeter un œil à quelques réactions, choisies parmi les 19 pages de commentaires. A noter que j’ai masqué les pseudos, mais que tous les commentateurs ci-dessous sont masculins. Ce florilège permet un vrai tour d’horizon du féminisme 101 (et conduit aussi à des facepalm répétés, attention).

-> Bon je sais pas comment insérer les images dans ce nouveau Overblog donc elles sont bien rangées dans l'ordre à la fin de l'article - désolée pour le scrollage avant/arrière intempestif.

Image 1: Un homme ne subit pas le harcèlement de rue. Une femme (ou un homme) t’a-t-il déjà mis la main aux fesses dans le métro ? En outre, pourquoi un homme aurait-il plus les moyens de se défendre qu’une femme ?

C’est vrai que personnellement, quand je subis une agression ou du harcèlement, ma première réaction c’est de glousser Mais c’est pas grave, je suis une femme hihi. Et ensuite j’oublie aussitôt ce qui s’est passé, le traumatisme, le dégoût, la culpabilité de ne pas avoir réagi ou d’avoir mal réagi, le sentiment de violence et d’exposition. Ma confiance en moi, l’idée que j’ai de mon corps, du monde qui m’entoure n’est évidemment pas affectée. Bah oui, j’ai un cerveau de moineau incapable de ce genre d’émotions/de réflexions, je suis une femme hihihi.

Image 2: Le fameux discours misogyne qui consiste à mettre en avant une supposée « misère sexuelle » masculine hétéro que ne connaîtraient pas les femmes. En effet, les femmes seraient toujours sollicitées pour du sexe (a minima), peu importe leur apparence physique. Oui, il y aura toujours un mec qui aura suffisamment la dalle pour se taper un thon, comme dit plus haut dans ce même forum. Alors que pour un homme considéré comme moche, point de salut, les femmes sont des créatures sans pitié incapables de voir au-delà des apparences. C’est donc tout naturellement qu’il ne lui reste que deux choix : abstinence ou recours à la prostitution. Tout ça à cause des femmes, ces salopes.

Image 3: Ahlala, les femmes quand même. Si on peut plus rigoler. Un mec qui te demande combien tu prends pour qu’il utilise ton corps sexuellement, alors que tu es juste en short dans ton véhicule de travail. C’est tellement drôle, l’humour misogyne.

Image 4: Il faut savoir que, quand tu t’emploies à dénoncer UNE discrimination, il te sera illico reproché de ne pas les dénoncer TOUTES. Et apparemment ça invalide ta première dénonciation.

A noter qu’un mec sortirait à poil, tout ce qu’il récolterait ne serait que des regards interloqués. Ma main au feu qu’aucune femme ne tenterait de lui tripoter les couilles dans le métro ou ne lui jetterait un regard salace. Bizarrement, même en jean baskets, ça arrive quand même aux femmes, ces attention whores.

Image 5: C’est bien connu, une femme crie direct au viol quand on lui dit bonjour dans la rue. Et d’ailleurs, dire bonjour rentre dans le cadre du harcèlement de rue, si si, je vous jure. Mais pas du tout. Si le souci c’était des mecs qui te disent bonjour quand tu marches sur le trottoir, puis qui te foutent la paix, la vie serait plus simple. Un mec qui te dit Hé sale pute, tu suces ?, on a le droit de répondre quelque chose ou c’est faire sa féministe hystérique ?

Image 6: Un homme vient expliquer à une femme qu’elle rêve complètement et que le harcèlement de rue n’arrive pratiquement jamais. La preuve, lui, homme, n’en a pas connaissance, alors c’est bien la preuve que ce sont des élucubrations féministes. Même quand la femme explique qu’elle l’a déjà subie à plusieurs reprises, l’homme refuse de prêter attention à ces sornettes. Mansplaining bonjour.

Image 7: Encore un qui confond sexualité et agression. Le responsable en cas de harcèlement, de viol, ou de toute forme d’agression, ce n’est jamais la victime, fût-elle en minijupe toute seule à trois heures du mat. Ce n’est jamais les médias, la société, le dernier clip de Rihanna ou l’industrie du porno. C’est toujours, sans exception, l’agresseur ou le harceleur.

Image 8: Mais pourquoi chercher des cas précis pour contrer un discours généraliste ? On s’en branle si ta copine ne s’est jamais fait harcelée, agressée ou violée. On est ravis, mais on s’en fout. C’est comme le discours de dire Mais moi, je ne suis pas un harceleur, je veux dire, tous les hommes ne sont pas comme ça. Breaking news : on sait. On n’est pas en train de parler de ceux qui ne harcèlent pas, ni de celles qui ne subissent pas. Merci de ne pas bâillonner ou minimiser la parole de ceux qui ont quelque chose à dire sur le sujet.

Image 9: C'est vrai qu'être une femme aujourd'hui, c'est tranquillou. Je ne dis pas qu'être un homme est forcément plus simple. Mais si on regarde les chiffres sur les femmes battues, les inégalités de l'accès à l'emploi, les mères célibataires et tous les trucs relous qui arrivent aux femmes (et parfois aux hommes aussi), bah on se dit que c'est loin d'être un long fleuve tranquille.

Image 10: Mais bien sûr, une femme ne s'habille qu'en fonction de l'hypothétique regard mâle (et apparemment forcément sexuel) qui se posera sur elle plus tard dans la journée. Elle ne s'habille jamais pour elle, en fonction du style qu'elle aime, des inspirations culturelles qui lui plaisent, de sa morphologie, de la météo, de son travail... Ou de son bon vouloir, tout simplement. Et même si elle choissisait de porter une culotte et pas grand chose d'autre pour sortir, tout un chacun est prié de tenir ses hormones sous contrôle et d'apprendre à maîtriser ses petites pulsions comme un grand.

Image 11: Oui, ce sont des femmes. Les femmes, ce sont des êtres humains grands, petits, minces, gros, bruns, blonds, avec des petits seins, des gros seins, des hanches larges, des plaquettes de chocolat, des mollets épais, des poils aux jambes ou sous les bras, de l'autobronzant, des faux seins, un smoky eye ou pas de maquillage. Bref, la femme, cet être multiple.

Image 12: Quel dommage, c'était justement leur rêve dans la vie.

 

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Published by Nombre Premier - dans Féminisme 101
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