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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 18:45

And the haters gonna hate, hate, hate… I’m just gonna shake, shake, shake… Je ne sais pas qui m’a fait découvrir Taylor Swift il y a quelques semaines en m’envoyant le clip de Blank Space, mais je ne le/la remercie pas. C’est horrible – ses chansons restent engluées à mon crâne pendant des jours, impossible de m’en débarrasser ! D’un autre côté, c’est cool, elles sont parfaites pour se forcer à sortir du lit le matin, et j’en viens à ne plus détester Taylor et son petit air de sainte-nitouche. Mais s’il vous plaît, envoyez-moi d’autres chansons à écouter, sortez-moi de cet enfer rose bonbon.

Il y a deux semaines, c’était le Dîner des Anciens d’une de mes assos étudiantes, à Lille. Ça fait bien trois ans que je rate cette commémoration annuelle de nos bons souvenirs de cuites et de choppes. J’ai vu passer les photos qu’une actuelle membre de l’asso (encore étudiante donc) a posté sur le groupe Facebook. Des visages tout lisses, d’à peine vingt ans, regardent l’objectif avec un grand sourire vaguement bourré. De jolies filles en belles robes sont un peu trop habillées pour l’occasion, mais ont dans les yeux la petite lueur d’excitation qu’apporte le fait de porter une robe sexy et élégante pour la première fois ou presque. Les garçons sont un peu engoncés dans leurs costumes mais arborent fièrement une coupette de champagne en tenant les filles déjà mentionnées par la taille. Je ne sais même pas s’il y avait des gens de ma promo cette année – apparemment non. Tous les participants avaient l’air si jeune. Putain, je vieillis quoi. C’était il y a six ans ! Je me rappelle à quel point ça nous semblait un évènement important, et à quel point on s’éclatait à se bourrer la gueule au mousseux et à danser dans nos robes de princesses vaguement slutty. Profitez, les petits, profitez. Le temps passe vite et un jour, vous n’aimez rien tant qu’aller au bar du coin de la rue boire une petite pinte de blanche avec des potes et rentrer à 21h30 à la maison pour mater une série. Old people life.

Cela dit, je ne suis pas si vieille car depuis trois semaines, je suis inscrite sur Reddit. Reddit, en fait, c’est cool (mais jusqu’à présent, je n’avais pas vraiment compris comment ça marchait. Un peu comme Twitter). J’ai créé mon compte et je me suis abonnée à des forums de discussions, ou subreddits. Je pense qu’il y a un subreddit pour absolument tout. Parmi mes abonnements divers et variés, on trouve : NSFW, NSFWgif, Vintagebabes, Okcupid, Bdsm, Feminism, Abrathatfits, Accounting (for the lol), Boobs, Aww, Ladyboners, et ma dernière découverte, Bigdickproblems. Mais mon préféré reste bien sûr le subreddit Sex. Oh boy. C’est comme Doctissimo mais en mieux écrit (en anglais certes, mais au moins il n’y a pas d’écriture SMS et les gens prennent le temps de vraiment bien raconter en détail). Tous les soirs, il y a plein de nouveaux messages d’utilisateurs et je me délecte à les lire tous. J’ai l’impression de pénétrer dans l’intimité de frères et sœurs humains, et c’est fascinant. En plus, je découvre plein de trucs, des fantasmes que je ne soupçonnais pas, des questionnements existentiels, des bonnes idées à mettre en pratique. Après trois semaines de suivi intensif, j’ai identifié deux grandes tendances des discussions :

- Des filles qui veulent du sexe un peu plus kinky (comprendre, le plus souvent, plus BDSM) mais dont le partenaire n’est pas spécialement à l’aise avec ça.

En gros, ces filles hétéros voudraient que leur mec leur tire les cheveux, leur mette la fessée ou leur murmure des trucs dégueulasses à l’oreille. Chacun son truc, donc pourquoi pas. Sauf que d’après elles, leur mec n’est pas du tout un dominant dans l’âme et a donc bien du mal à se mettre dans le rôle, quand il ne refuse pas tout net. Parfois, elles n’osent même pas exprimer ces envies car elles ne trouvent pas le bon ton ou le bon moment. C’est sûr que c’est plus simple de faire comprendre qu’on souhaite dominer un peu plus, car il suffit par exemple de faire un geste qui le montre clairement. Mais comment exprimer le fait qu’on veut être plus soumis ? S’il faut demander d’une petite voix pendant l’acte Heu, tu pourrais me tirer un peu les cheveux s’il te plaît ?, ça casse un peu le trip.

- Des filles qui veulent plus de sexe tout court, BDSM ou pas, mais qui sont confrontées à leur partenaire mec qui ne suit pas le rythme.

Il ne suit pas forcément car il ne peut pas physiquement –même s’il a évidemment des limites physiologiques à ses capacités sexuelles. Il ne suit juste pas au niveau du désir. En gros, il a moins de libido que sa compagne. Le cliché veut toujours que ce soit l’inverse. Or, à la lecture de Reddit, et à la comparaison entre les posts Ma meuf ne veut jamais baiser et Mon mec ne veut jamais baiser, j’ai bien l’impression que c’est au moins égal, voire que les femmes ont une plus grande libido que les hommes. Ce n’est ni bien ni mal, c’est juste un constat. Ça donne des témoignages comme On va se coucher, je me colle contre lui et je le tripote pour essayer d’initier le sexe, mais il me répond « Oh non pas encore, là je suis crevé… » Ou bien On baise en moyenne deux fois par semaine et il me dit que ça lui convient très bien. Que faire ? Les avis bien intentionnés des utilisateurs sont en général unanimes : c’est une question de compatibilité sexuelle avec ton partenaire et si celle-ci ne fonctionne pas bien, il faut donc changer de crèmerie (sans métaphore mal placée). Oui, mais si tout le reste de la relation est génial ? Ne vaut-il mieux pas se contenter de moins de sexe mais de plein d’autres bons moments ?

Je me suis ouverte à mes amies filles de mes questionnements profonds. Déjà, réponse quasi unanime : Ah mais moi j’ai toujours plus envie que lui, plus souvent. La réalité dépasse donc bien le cliché. Bon, mais comment gérer cette différence de libido ? Certaines avouent se résigner. D’autres cherchent de nouvelles pratiques ou de nouveaux fantasmes à mettre en œuvre pour motiver un peu plus leur partenaire. D’autres enfin réclament, purement et simplement, tout en essayant de ne pas lui mettre trop la pression non plus. Pas facile de trouver le bon équilibre sexuel.

Heureusement qu’il reste la masturbation. Personnellement, je pense que c’est une solution court-termiste pour relâcher la frustration et résoudre le problème. Mais bon, dans ma conception des choses, le sexe reste l’un des piliers du couple (avec la confiance, la communication et les séries télé), donc il faut arriver à trouver un rythme commun sur le long terme.

Voilà voilà. Désolée pour ce post un peu décousu. Je renoue un peu avec le blog donc je prends la plume pour raconter n’importe quoi dès que je sens un élan de motivation en moi – par exemple, le mercredi en fin de journée. J’étais au Salon de la Lingerie dimanche, les nouvelles collections sont magnifiques. Je vais peut-être passer sur NRJ12 dans une émission à propos d'une fille qui veut devenir mannequin grand taille – je ne suis qu’excitation. NRJ12, la chaîne qui a bercé mon adolescence, ma vie de jeune adulte et… ma vie actuelle aussi en fait. Et surtout, la chaîne qui rediffuse ses émissions à vie, au moins deux fois par an. Hâte de tomber sur moi en train de parler de boobs à la télé, quand j’aurais quarante-cinq ans.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:58

Hello le gens. Nombre Premier, de retour. J’ai peu publié ces derniers temps. Pas facile d’expliquer pourquoi, même moi je ne sais pas trop pourquoi j’avais moins envie d’écrire. C’est étrange le blog, en tous cas dans mon cas : quand je suis heureuse j’écris moins, et quand je suis très triste j’écris moins aussi. Je ne sais pas trop quoi faire des extrêmes. J’ai peur de mal les communiquer, et je suis un peu pudique. Alors je préfère me taire.

Mais j’ai un peu envie de reprendre la parole aujourd’hui, sans trop savoir pourquoi. Il fait super froid. Je suis calfeutrée au chaud, dans une boutique quasi déserte malgré la période de soldes. Je n’étais pas très bien cet automne principalement professionnellement. Depuis six mois, les affaires ne vont pas bien. Je n’ai pas trop su gérer cet état de fait. Ma boîte, c’est le fruit de beaucoup de décisions pas évidentes et la somme d’énormément de travail, alors dès qu’il lui arrive un truc, il se répercute sur moi comme si on était des jumelles dans une émission de M6. Là, la boîte ne va pas bien, alors moi aussi, je n’allais pas bien. J’en souffrais moralement, physiquement. Journées de plomb, plus goût à rien, inquiétude de l’avenir, l’impression qu’il n’y a pas de solution. Culpabilisation aussi, beaucoup : pourquoi je n’y arrive pas ? Qu’est-ce que j’ai raté ? Est-ce que je n’aurais pas pu faire plus ? Mon grand frère m’avait prévenu, à l’ouverture : L’important, c’est que tu fasses ton maximum, pour pouvoir te dire à n’importe quel moment, je n’ai pas de regrets, j’ai fait tout ce que j’ai pu. J’ai des regrets, clairement. J’ai des remords, des regrets, des doutes et même une pointe d’amertume. Je sens la fin comme un cheval sent l’écurie. Je me laisse encore quelques mois, histoire d’y voir plus clair. Mais les amis, il y a une chance qu’il faille mettre un point final à cette histoire de culottes.

Parfois, je m’en veux. Je m’en veux de m’être laissé embarquer par moi-même dans cette aventure qui prend de temps en temps des airs de galère. J’essaie de retrouver la personne que j’étais il y a deux ans, qui quittait la sécurité de l’emploi sans un regard en arrière, qui était persuadée qu’en travaillant dur et qu’en étant bonne à ce que j’avais choisi de faire, les choses marcheraient forcément. Je crois très fort au mérite, au dévouement, à la récompense du juste et du bon. Mais évidemment, en économie ça ne suffit pas. Je m’en veux de ne pas avoir élaboré de meilleures stratégies, de ne pas avoir réseauté plus, de ne pas avoir fait preuve de plus d’acharnement. Je m’en veux aussi de m’être lancée seule, même si à la fois c’est exactement ce que je voulais et je ne l’ai jamais regretté. Mais là, j’arrive au bout de mes capacités, au bout de mon énergie et de mon élan.

Ce n’est pas facile d’en être là dans sa tête, pas facile de se dire qu’il va peut-être falloir défaire tout ce qui a été fait. Je me trouve lâche un peu, capricieuse, fragile, démotivée et hésitante. Mais je n’ai plus une thune, tout comme ma boîte, et les perspectives d’avenir en ces temps incertains sont assez floues. On verra la décision qui sera prise ou non dans quelques mois. Mais, fidèle à ma ligne éditoriale en écrivant ici, j’informe de mon état d’esprit du moment et des quelques mois passés. C’est quelque chose que j’ai peu lu, les mots d’entrepreneur qui ferment boutique, qui passent à autre chose, parfois une autre boîte d’ailleurs, mais qui en tous cas clôturent un projet, y mettent fin. Je ne sais pas encore si j’écrirais le mien sous peu, mais j’y pense de temps en temps.

En attendant, on va de l’avant. Il y a les nouveautés et les maillots de bain à mettre en rayon, le Salon de la Lingerie ce week-end, les commandes à honorer, les clients à conseiller, la putain de compta à terminer. La vie, quoi. Comme moi, la boutique souffre un peu mais continue à vivre. Et moi, ça va mieux depuis que j’arrive à mettre des mots sur ce qui risque d’arriver. J’ai un peu sorti la tête de l’eau. J’en ai parlé à mes parents, aux amis que j’ai vus depuis Noël, à mes fournisseurs. Avouer ce qu’on a sur le cœur, ça permet de s’alléger d’un poids. J’en ai parlé à l’Anglais que je fréquente depuis quelques mois. Il a répondu C’est pas grave. Un peu quand même, non ? Non. C’est pas pour minimiser ce que tu ressens, mais c’est pas grave parce que tu feras quelque chose d’autre. Il ne faut pas t’inquiéter. On voit bien que ce n’est pas lui qui risque de se retrouver avant des milliers de culottes et un emprunt sur les bras.

Du coup, je m’occupe des choses dans ma vie sur lesquelles je peux exercer un certain contrôle. Mon appartement, par exemple. Je me suis lancée dans plein de tri : mes bijoux, mes soutien-gorges, mes jeans. J’ai changé de lit (il manquait sept lattes à l’ancien). J’ai reçu en location aimable un écran plat qui me permet maintenant de mater Little Britain en DVD tout en jouant à Terraria sur mon ordinateur – orgasme domestique. J’ai acheté une machine à croque-monsieur aussi, parce que le fameux Anglais en a marre de ne rien avoir à se mettre sous la dent quand il vient à la maison. Bah il n’a qu’à faire la cuisine ? Juste une suggestion. Sinon, moi ça ne me gêne absolument pas, des Pringles ou du DoMac à tous les repas.

C’est en hébergeant de temps en temps quelqu’un chez moi que j’ai récemment réalisé le poids des obligations domestiques. Perso, quand je suis toute seule, repousser le ménage ou les courses d’une semaine ne me fait ni chaud ni froid. Mais quand tu es deux (ou plus), déjà tout se salit plus vite. Tu ne peux pas utiliser du Sopalin comme PQ pour dépanner. Enfin tu peux, mais c’est hardcore. Tu utilises beaucoup plus de mouchoirs que d’habitude à cause de ta vie sexuelle (mais qui songerait à s’en plaindre, déjà bien beau d’en avoir une, même épisodique !) L’autre personne a faim, mais bizarrement, elle refuse d’ingurgiter des tranches de pain de mie à rien pendant des jours. A un moment ou à un autre, tu es donc obligée de t’aventurer à Carrefour Express où tu achètes des aliments non processés, c’est-à-dire de la nourriture que tu vas transformer en nourriture différente en la CUISINANT. Diantre. J’ai même acheté des clémentines, une fois, c’est dire. Et l’autre personne, aussi, elle insiste pour boire dans un verre et non à la bouteille ou dans un gobelet en plastique. Verre que tu dois donc laver, ainsi que la tasse de son thé, son assiette et ses couverts, plus tous les ustensiles nécessaires à la transformation magique susmentionnée. Bref, il faut faire la vaisselle, l’une des choses que je hais le plus au monde.

Et même quand j’arrive à faire tout ça, parfois ça me prend sans crier gare et je me dis que je pourrai faire plus, ou mieux, ou autrement. L’appartement n’est, au fond, jamais totalement propre. Et d’un coup je me mets à penser à la poussière derrière les toilettes, aux joints parfois un peu moisis de la douche qui refusent de redevenir blancs, au coin de mur tout gris derrière mon meuble à chaussures, aux moutons de poussière qui traînent sous mon (nouveau) lit. Chez vous aussi c’est comme ça ? Chez vous aussi, il y a des résidus inexorables de saleté qui font que votre intérieur échappe à la perfection ? Ça me rassurerait. Parce que sinon, je me dis qu’il faut que je fasse quelque chose à leur propos et du coup je me sens fatiguée.

Allez, je vais conclure ce joli monologue ici, en revenant sur le sujet initial qui était la boutique. Quand il n’y a personne, je geins qu’il n’y a pas de clients. Quand il y a du monde, je geins qu’elles sont chiantes. C’est souvent de la mauvaise foi et plutôt le signe d’une inquiétude généralisée, mais je suis plus à fleur de peau que d’habitude et la moindre phrase me donne envie d’étouffer les gens avec un porte-jarretelles. Top 10 des phrases que je n’en peux plus d’entendre (surtout en ce moment) :

- Voilà, en fait je sais pas trop quelle taille de soutien-gorge je fais. Je pense peut-être du 90D (elle fait du 80H). Vous pouvez prendre mes mesures ? Du 80 ? Mais je vais m’étouffer ! (faudrait savoir, je t’aide ou je t’aide pas ?)

- (depuis la cabine d’essayage) Un bonnet de plus ? Ça ferait quoi, du G ? Ah non je suis désolée mais psychologiquement je peux pas. Oui, je vois bien que le F est trop petit, mais G c’est pas possible. (il semblerait que certaines soient dans le déni le plus complet)

- Vous avez du noir ou du beige basique, pour tous les jours, en soldes ? (bah non. Comme son nom l’indique, le basique pour tous les jours n’est jamais soldé car il se vend toute l’année !)

- (en sortant de la cabine) Bah en fait je vais rien prendre parce qu’aucun des modèles me plaît, je les trouve plutôt moches. (Et ta mère, elle est moche ?)

- (en sortant de la cabine, après avoir essayé vingt modèles –sans exagérer) En fait je vais rien prendre, y’en a aucun qui allait. (C’est juste impossible. Une fois qu’on a trouvé la bonne taille, sur vingt modèles, il y a forcément quelque chose qui va. Non ? Non.)

- (en sortant de la cabine) En fait j’ai rien trouvé… Vous ne connaîtriez pas d’autres boutiques comme vous à Paris ? (ben déjà non, et même si c’était le cas, je ne compte pas exactement t’imprimer un Mappy pour que tu y ailles)

- (en tenant à la main un string taille 52) Oulala, mais c’est vraiment très grand ça. J’ai jamais vu ça ! Mais il y a vraiment des gens qui portent ça ? Faut oser quand même. (Mais parce que tu fais du 38, tu as plus de légitimité à te mettre une ficelle dans les fesses ? Ben non).

- (à sa copine) Je vais essayer tout ça, mais je sais déjà que j’achète pas, je vais attendre les soldes de juillet. (Aucun souci, reste deux heures (vraiment, deux heures) dans mon magasin pour faire des essayages avec ta copine pour ne rien acheter avant six mois, dans le meilleur des cas. Vas-y, ne te gêne pas, c’est la fête !)

- Mais il ne vous reste plus de 90F en soldes ? Ah mince ! C’est toujours comme ça, moi y’a jamais ma taille nulle part… (Bah si tu n’attendais pas la troisième démarque pour venir ou que tu achetais non soldé, on l’aurait ta taille !)

- (au moment de payer) Ah mince, j’ai oublié ma carte bleue. Vous pouvez me le mettre de côté et je repasse demain ? C’est sûr, je reviens demain sans faute. (Elle ne revient JAMAIS).

Allez, bon week-end à tous, talk to you soon !

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 11:55

J'ai peu (voire pas) écrit ici en Décembre, mais je tenais au moins à vous souhaiter à tous une excellente année 2015.

Chaque année apporte son lot d'imprévus, de rencontres, de projets. Elles passent sans trop se ressembler, quand on croit avoir résolu certaines questions, d'autres se posent. Il y a sans cesse de nouveaux défis, de nouvelles difficultés à surmonter.

Il y a aussi des gens autour et beaucoup de chaleur humaine. Chacune de mes années se termine sans trop de pertes ni fracas grâce à vous, les gens autour de moi, qui me lisez ou qui ne me lisez pas, qui me faîtes rire quand je n'en ai pas envie, qui me dîtes que ce n'est pas grave quand j'ai l'impression de me noyer. Depuis deux ans, je démarre mes années avec une grande énergie, du baume au coeur et la fleur au fusil.

2015 commence plus en demi-teinte, en zone d'ombre, à pas de loup. J'y vais doucement, je ne me lance pas dans la mêlée comme d'habitude. J'avance en tapinois parce que je ne sais pas trop où on va. Je n'arrive pas bien à savoir de quoi cette année sera faite, ni de quoi j'ai envie qu'elle se compose. C'est perturbant pour moi, c'est nouveau, cette sensation d'apesanteur.

Pourtant j'ai des raisons d'avoir le sourire et le moral, sur le papier tout va bien, et ce qui ne va pas pourra être surmonté. Je crois que parfois le stress a raison de moi, la paralysie me gagne et j'ai tendance à me laisser couler.

Mais il ne faut pas! Les nouvelles années sont aussi pleines de promesses et de lendemains qui chantent. Advienne ce que pourra. Ce qui est sûr c'est que je veux profiter de cette année pour abandonner certaines choses ou les mettre entre parenthèses, pour repenser mes projets de vie et ce qui me rend heureuse. Parfois on a besoin d'année du changement, moi j'ai besoin d'une année de l'immobilisme, de l'attente, de la tranquillité. Une année blanche, une année douce.

Excellente 2015 à vous - faisons-en un bon cru, et à très vite!

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 11:34

Il y a des gens comme mon estimé confrère Movieslayer qui vont voir un film au cinéma et qui en font une super critique éclairée. Je suis allée voir récemment Le Passeur (The Giver) et Interstellar, et voici ce que j’en ai retenu :

Dans Interstellar, ce bon Matthew explique à sa fille qu’il se barre à l’autre bout de l’univers sans certitude de retour tout simplement parce qu’il en a profondément envie, même si elle va lui manquer. Il dit que quand on fait des enfants, on a tendance à devenir leur fantôme, à n’être que des acteurs de leur histoire. On perd sa propre vie de vue, on devient des personnages secondaires. Pourtant on reste des individus à part entière avec des rêves plus gros que nous. Faut-il les poursuivre quand même ? Moi j’aurais fait comme Matthew, mais il faut dire que sa fille m’énervait depuis le début du film.

Dans Le Passeur, un vieux monsieur transmet à son successeur les meilleurs moments de l’humanité via des souvenirs. Que sont-ils, en vrac : faire de la luge. Glander sur un bateau au milieu de l’océan, au moment du coucher du soleil. Se marier à la campagne (et visiblement au 18eme siècle). Ces flash sont censés symboliser les moments les plus agréables d’une vie humaine, des moments de bonheur intense et de joie pure. Si on oublie le mariage d’époque qui malheureusement va être difficile à vivre en 2014, je me rends compte qu’il serait difficile dans ma vie aujourd’hui de trouver un moment à isoler et à transmettre aux générations futures. La douce sonnerie des wagons de la ligne 7 le matin ? Les trottoirs tout gris de Paris. Faire la vaisselle un samedi soir parce que ça fait un mois et demi qu’on y a pas touché. Du coup, je crois qu’il me faudrait injecter un peu de joie dans tout ça, un peu de légèreté et un peu d’amour (universel).

Ça ne me ferait pas de mal, vu que je suis un peu tristoune présentement. Je sais que c’est le lot de pas mal de gens en ce beau mois de Novembre 2014, qui s’annonce d’ores et déjà comme un grand millésime de la lose. C’est comme si une chape de plomb se traînait au-dessus de Paris, en tous cas au-dessus de la boutique. Il n’y a pas grand monde, il fait nuit à seize heures, la rue n’est pas illuminée, j’ai l’impression d’être au fond d’un chaudron. Je me traîne une sorte de fatigue chronique, entièrement due à moi-même puisque je persiste à essayer de Skyper de temps en temps avec un individu qui n’a pas de boulot et le rythme biologique d’une chouette, ce qui fait que je me couche parfois à cinq heures du matin en semaine. Chez moi, le lien entre le moral et le sommeil est immédiat, quasiment aussi direct que celui entre ne pas boire assez et avoir une cystite, alors je reste toute grognonne au milieu de mes culottes à voir tout en noir. Une attitude constructive qui me mènera loin.

J’ai trouvé ce truc assez chouette sur les Internets : http://ask.fm/OndeeJeunePH

Ça te permet de poser tes questions anonymement à une pharmacienne. Ça m’aurait bien servi la fois où je me suis retrouvée à appeler la ligne d’urgence du Planning Familial parce que j’avais oublié un comprimé de pilule… Sinon tu peux aussi poser tes questions directement à ton pharmacien/ta pharmacienne, sauf si tu as la même que moi. L’autre fois j’y allais pour une histoire de vagin (pour résumer) et elle n’arrêtait pas de me dire de parler plus fort au comptoir bondé, alors j’ai fini par hurler « Voilà, j’ai eu mes règles il y a trois jours… » Au moins, cette fois, tout le monde avait entendu.

Mon appart est dans un état ahurissant, qui me renvoie aux heures les plus sombres de ma vie étudiante. Il y a des fringues partout sur le sol, des choses qui pourrissent dans le frigo et des sacs poubelles un peu partout. Pourquoi je laisse mon bordel me dépasser comme ça ? Pourquoi je ne le contrôle pas ? Il va quand même falloir que je me décide à ranger un de ces quatre, mais en fait mes rares heures passées chez moi en ce moment, je les consacre bêtement à Skyper ou à jouer à Fantasy Life sur ma Nintendo DS, donc je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

C’est un peu ma devise de Novembre, ça : y’a plus qu’à, fais ci, fais ça, mais bouge-toi. Ce coaching personnel du pauvre, prodigué par moi vis-à-vis de moi-même, atteint malheureusement ses limites. Je me fais des doigts d’honneur et j’envoie tout valser pour glander dans mon lit (sauf au travail où je m’oblige à tenir ma to do list, sinon le découragement est proche).

Liste des choses réjouissantes à venir cela dit :

- La diffusion en boucle de chants de Noël à la boutique

- Une participation à un calendrier de nu début Décembre (je ne sais pas trop pourquoi j’ai dit oui, mais ça va être cool)

- Des dîners ou soirées entre amis

- La semaine de vacances à Noël

- Monter d’un niveau dans Fantasy Life (que celui qui n’a jamais passé deux heures sur Candy Crush me jette la première pierre)

- Acheter des Ferrero Rocher parce que c’est bientôt Noël (ne cherchez pas, c’est d’une logique implacable)

- Dormir. Bientôt. Peut-être même suffisamment.

Hugs, cœurs et tourterelles sur vous les amis. Quand est ce qu’on va se boire un petit vin chaud ?

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 10:57

Des habits qui traînent un peu partout sur le sol de la chambre. Des valises à moitié défaites, par manque de temps, par flemme, par sentiment d’à quoi bon vu qu’on ne reste qu’un week-end. Des verres à demi pleins et des assiettes vides posés aux quatre coins de la pièce, qu’on laisse moisir là parce qu’on fera la vaisselle plus tard. Quand le week-end sera terminé. Quand la vie normale aura repris.

Du sexe un peu trop souvent, un peu trop brut, un peu trop intense. Comme si on emmagasinait de l’érotisme et des orgasmes pour les semaines à venir. Moins d’hésitation et moins de retenue, du sexe là où on peut, à chaque fois qu’on peut, toujours un peu chargé en électricité. Une routine qui n’a pas le temps de s’installer, même si les peaux se connaissent de mieux en mieux au fil du temps, mais petit à petit. Il faut du temps pour se reconnaître physiquement, pour faire renouer les corps à la descente de l’avion ou du train. On s’embrasse à peine, on se serre dans les bras. Au fil des heures qui suivent, on se retrouve, les sensations familières, sa peau contre la nôtre. On se reconnaît et le désir devient écrasant, parce qu’on sait que le temps est compté.

Des lits qui ne sont pas le nôtre, qui ne sont pas habituels. Qui le deviennent peu à peu au fil des partages. Un réseau de rues étrangères qu’on découvre, qu’on s’approprie petit à petit, dans lequel on regarde l’autre évoluer avec naturel, chez lui. On l’observe. On l’épie du coin de l’œil quand il rit avec ses amis, quand il prend sa mère dans ses bras, quand il discute avec son boulanger. Comme s’il y avait des signes cachés dans ce décor, des indices pour mieux cerner cette personne, cet encore inconnu. Son environnement habituel nous donnera peut-être des clés pour mieux le comprendre, pour compenser le temps qu’on ne passe pas à côté de lui.

Des couloirs d’aéroport à demi vides, qui s’étirent à l’infini. Les sachets miniatures de shortbreads ou de chips au vinaigre. Les contrôles de sécurité à répétition, les gestes appris par cœur, les différents terminaux que l’on sait placer sur une carte, le RER B qui n’a plus de secret pour nous. Des adieux sur des quais de gare, devant des guichets d’enregistrement, au pied de bus prêts à partir. On passe autant de temps à se retrouver qu’à se quitter, on a l’impression de sans cesse se dire au revoir. Quand le train arrive en gare ou quand l’avion atterrit, c’est l’excitation et la joie pure, le basculement dans une bulle, le temps d’un week-end, d’un séjour. Quand il faut rentrer chez soi ou le quitter, c’est l’abattement, la fin d’une parenthèse, un sentiment bizarre de solitude nouvelle. Une dent de scie permanente, entrecoupée de longues périodes de vide, pleines de conversations Skype et de textos tardifs, de likes Facebook et de Snapchats dénudés.

Entre les revoyures, la vie normale reprend, et c’est agréable. Mes potes, mon ciné, mes horaires, mon quotidien. On en viendrait presque à l’oublier, en tous cas oublier sa présence, son visage. On ne ressent pas trop le manque, on est content de s’absorber dans ses propres centres d’intérêt. On sait que quand on va se revoir, il va falloir s’ajuster à d’autres envies, d’autres horaires, d’autres préférences. A quel moment arrête-on de s’adapter pour commencer à s’effacer ? A quel moment cesse-t-on de faire de la place à l’autre, pour finalement le laisser s’étaler ?

C’est l’ennui avec la distance. On alterne les périodes où on se retrouve seul et où on retrouve toute la latitude de son indépendance, et des moments à deux presque douloureusement concentrés, trop intenses, vécus à outrance pour ne pas en rater une miette. Alors qu’il faudrait une montée sereine des sentiments, un apprivoisement lent et mutuel de l’autre, de la vie à deux, du couple. Là c’est chaud et froid, noir et blanc, tout ou rien. On fait avec. On essaie de ne pas se perdre tout en ouvrant grand les bras. On navigue entre ici et là-bas en essayant d’aimer les deux facettes de l’histoire, les périodes sans et les périodes avec. C’est un peu comme avoir deux vies, une de célibataire et l’autre de couple. Ça a ses bons côtés. Et ses mauvais aussi, l’épuisement après les Skypes nocturnes en semaine, une envie d’affection qu’on avait moins avant, puisqu’on s’était habitué à s’en passer, un sentiment parfois vague de tourner en rond ou d’aller nulle part.

Piano piano, on verra bien. On progresse doucement sur le tumultueux chemin des retrouvailles.

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Published by Nombre Premier - dans Love etc
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:32

C’est toujours pareil : dès que je m’attache vraiment à quelqu’un, que je le juge réellement digne de confiance, je n’ai plus qu’une idée, lui jeter tout mon mal-être à la gueule. Le ligoter au lit et lui montrer toutes mes cicatrices, une à une. Lui ouvrir tous les tiroirs de mon crâne et en sortir tout mon musée des horreurs. Je veux me mettre à poil, plus qu’à poil, je veux m’arracher le cuir et lui montrer les muscles, le sang, les bleus. J’aimerais qu’il me connaisse toute entière, mais surtout les côtés sombres, les zones d’ombre, tout ce que je ne montre jamais à personne. La face cachée de ce que je suis.

Il verrait tout ce bordel qui me compose, toute cette chair en charpie, tout ce n’importe quoi et ces plaies pas bien refermées, et il ne partirait pas. Il les refermerait une à une, les plaies, il m’embrasserait sur mes bleus, il me caresserait les cheveux en me disant que ça va aller. Pas plus. Juste, il resterait là sans bouger. Et après, je n’aurais plus jamais peur, et je pourrai recommencer à vivre, un peu plus légère, moins abîmée.

Mais je sais bien que je ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas piéger quelqu’un dans tes recoins sombres, comme ça, sans prévenir. Et surtout, a priori, ce n’est pas la première chose que tu as envie de faire au début d’une histoire. J’imagine qu’au début, tu te montres sous ton meilleur jour, tu caches tes blessures, tu prends soin de l’autre, tu présentes ton bon profil et tes bons côtés. Ou peut-être pas ? Je sais pas, moi j’ose pas sortir les monstres du placard, je me cache comme d’habitude en restant en surface. J’ai tellement peur qu’il parte, toujours. Probablement parce que je me demande pourquoi il est là, pour commencer.

C’est sain, cette envie pressante de tout dévoiler, d’étaler les choses qui traînent tout au fond de toi ? Je dois être un peu exhibo, ou alors je dois en avoir peur moi-même. Il y a des moments, des histoires et des coups et blessures que je n’aime pas me rappeler, que je n’aime pas aller titiller. Je les laisse en paix en espérant qu’ils en fassent autant. Je me dis que si je reste tranquille, ces souvenirs vont arrêter de flotter en suspension et se déposer au fond de mon âme comme de la vase. Et ensuite, je les laisse pourrir là-bas et je me garde bien de remuer, pour ne pas les déranger. Je les ignore, j’essaie de ne jamais y penser, je refuse de m’en rappeler. Et au quotidien, ça marche pas mal. Je fonctionne plutôt bien, je ronronne à travers l’existence, mais il manque juste une pièce, un rouage de la machine. C’est pas grave, je compense par des distractions, les amis, des projets. Mais à force de frotter, peut-être que le joint va se rompre ?

Du coup, armée de quelqu’un dans ma vie, j’ai l’impression qu’il faut en profiter et sauter le pas, aller fouiller au fond du lac et remonter les souvenirs enfouis à la surface. J’ai envie de faire place nette, d’être libéré de tout, surtout de moi-même. Mais peut-être que c’est illusoire ? Peut-être que tout le monde se traîne des casseroles toute sa vie, peut-être qu’on en crée à chaque instant et qu’elles s’amoncellent juste les unes par-dessus les autres ? Oui mais quand même. J’voudrais quelqu’un qui panse les plaies, qui pose son doigt là où ça fait mal, pour supprimer un peu la peine.

De toutes façons, même si parfois j’ai envie de crier des insanités, même si ma bouche s’ouvre pour dire des choses que je n’ai jamais dites, je ne me retiens de toutes mes forces. Je m’en empêche physiquement, j’enfonce les ongles dans la peau de mes mains, je me mords les lèvres, je sens les larmes commencer à couler, de manière incompréhensible. Je ne sais plus si j’habite ma peau, si c’est bien moi qui suis là. Je ne sais plus qui est cette personne en face, pourquoi je suis avec lui, est-ce que tout ceci a du sens. De temps en temps, il y a des choses qui remontent, et j’appuie dessus pour les faire redescendre. Pourtant c’est sans doute beau, sain, ça veut dire que l’autre s’insinue sous ta carapace, te touche et te fait trembler, c’est probablement ça l’amour etc. Mais moi, ça me fait flipper, et je finis par lutter contre, par poser des limites. Si j’enlève tout, je me retrouve à nu et qui sait ce qui va m’arriver ? J’évite de me mettre dans une situation où je pourrais avoir mal. J’ai pas envie que l’autre s’en foute, se moque, s’en serve contre moi, mais par-dessus tout se casse, me laisse là avec ma peine affleurant et mes idées noires à la surface. Parce que je ne sais pas si cette fois, je saurai les enfouir à nouveau. J’ai peur de me laisser submerger sans quelqu’un à mes côtés.

Alors je laisse tout ça tranquille, je mets un couvercle sur tout ce qui frémit au fond, je laisse mijoter. Tout se passe bien, il ne me quitte pas, et s’il me quitte ça me fait moins mal, parce que j’ai la satisfaction de ne pas lui avoir tout dit. Je protège jalousement mes blessures, c’est peut-être idiot. Quand j’ai le blues, je n’arrive pas à expliquer pourquoi, et c’est compliqué. I’m such a mess. Je n’ose pas commencer à dérouler le fil parce que j’ai peur de ce que je vais trouver au bout. Alors j’essaie de ne pas y penser, de lui donner des coups de pieds dans les côtes, à la déprime. Je me sens mal, mais je ne sais pas comment l’exprimer. Je lui en veux, à l’autre, de ne pas deviner, de ne pas me dire les mots que je voudrais entendre, de ne pas me serrer dans ses bras. Mais comment pourrait-il savoir ? I’m ok. Je vais très bien. Je me tourne vers les amis, je raconte la peine à demi-mot, mais surtout je l’oublie, je me distrais et je pense plutôt à eux. Ça finit par passer, par retomber, le monstre retourne se coucher. Ce sont les montagnes russes à l’intérieur de moi, depuis mes dix-sept ans. Mais au moins, ce n’est plus seulement une chute en avant. Parfois, il y a des montées grisantes et des instantanés au sommet que je savoure, les yeux rivés sur le paysage, le visage tourné vers l’horizon. It’s gonna be ok.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 11:00

Je ne sais pas vous, mais il fait un peu morose ces temps-ci de mon côté. Déjà, l’automne s’est définitivement installé, j’ai remis mes collants, j’ai sorti mon écharpe en laine et il pleut à verse. De quoi déjà verser dans le pas terrible. J’ai plein de bonnes nouvelles autour de moi cela dit, un mariage, une naissance, une rencontre exotique, des gens qui se fiancent, qui changent de boulot, qui démarrent des nouvelles vies. J’en suis profondément ravie pour eux et sachez que c’est vous qui illuminez mon mois d’automne de par votre joie partagée.

Bon, à part ça je n’ai eu strictement aucun client hier, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Aujourd’hui, il est onze heures du matin et on dirait qu’il est neuf heures du soir. Les gens passent sous leurs parapluies transparents (grande classe, il faut que je m’en trouve un), voire emmitouflés dans leurs K-way transparents (ce sont des touristes). Pas trop un temps à essayer des culottes. Du coup, je bosse, je fais ma compta, je fais du ménage, je rêvasse un peu. Je vois des amis qui eux-mêmes sont parfois en petite forme, c’est la saison, c’est Octobre, Octobre c’est traditionnellement pourri jusqu’à Halloween, c’est-à-dire jusqu’à la fin.

Du coup, j’ai décidé de lutter, et j’ai décidé de partager avec vous mon secret anti-baisse de moral. Attention, c’est du lourd. C’est une thérapie par la musique et ça consiste principalement à écouter du rock féministe chanté par des meufs. Démonstration au cas par cas, avec videos en dessous:

The Donnas – Dancing with myself

Prescription : en cas de déprime généralisée

Bon, ok, je triche un peu là, parce que c’est une reprise de Billy Idol. L’original est mieux, mais cette version c’est celle des Donnas, c’est une meuf qui dit qu’elle danse avec elle-même, qui parle de boire un peu, de danser, du fait qu’il n’y a rien à perdre et rien à prouver. Banco, je suis certaine qu’elle parle de mon mois d’Octobre 2014.

The Runaways – Cherry Bomb

Prescription : en cas d’envie de tout plaquer et de devenir instructeur de plongée en Malaisie ou saisonnier en Australie

Excellent pour te rappeler que tu devrais n’en avoir rien à battre de ce que pensent de toi tes parents, et qu’il n’y a que toi qui décide de ta vie et qui peut la changer. Ah, et aussi que tu es une bombe à la cerise, ce qui est plutôt cool.

Joan Jett & the Blackhearts – Do you want to touch me ?

Prescription : en cas de période de célibat ou d’abstinence prolongée

N’oublions pas qu’il n’y a aucun mal à vouloir du sexe, ni à l’initier ou le chercher activement. D’ailleurs maintenant j’ai très envie de baiser. Ça peut motiver à se réinscrire sur Okcupid.

Pat Benabar – Hit me with your best shot

Prescription : en cas de rupture douloureuse, de prochaine rupture douloureuse, ou juste de ras-le-bol amoureux général

Frappe-moi avec tout ce que tu as (au sens figuré), voilà en gros le message de Pat. Et pourquoi? Bah parce que je suis super forte et que je peux tout encaisser, et même j’en ai rien à foutre. De quoi se redonner un peu d’énergie pour aller affronter la prochaine rencontre, la prochaine phase de célibat/de recherche, le prochain connard ou la prochaine connasse, bref, la vie.

The Donnas – Take it off

Prescription : en cas de grosse envie de baiser

Oui, bon, j’aime bien The Donnas, je l’avoue. Et j’aime particulièrement cette chanson qui n’a absolument aucun message à part J’ai envie de baiser, alors maintenant fous-toi à poil. Un bon coup de fouet avant ta prochaine date Tinder.

Beauty Queen – Lash

Prescription : en cas de crise de la confiance en soi en mode "je ressemble à rien"

Je ne suis pas un divertissement, je suis dangereuse. Et je suis une putain de Reine de Beauté, peu importe mes ongles rongés, l’état de mes cheveux ou le fait que je porte la même culotte que hier. Ça fait toujours du bien de se l’entendre répéter.

No Doubt – Just a girl

Prescription : en cas de baisse d’énergie et de coup de blues

Non, tu n’es pas une petite chose fragile qu’il faut protéger, dont il faut tenir la main et qui a peur de tout. Tu es juste une fille/femme, une meuf qui est donc capable de plein de choses. Et aussi, cette chanson est super pour hocher la tête en rythme.

Blondie – One way or another

Prescription : en cas d’envie de baisser les bras et d’impression qu’on ne va pas y arriver

D’une façon ou d’une autre, Blondie va le pécho, son mec. Et nous pareil, on va réussir ce qui nous tient à cœur. Surtout s’il s’agit de chopper. Le côté stalker de Blondie est d’ailleurs très réjouissant, elle fait complètement flipper : je vais te suivre, venir t’attendre devant chez toi, et si les lumières sont éteintes, je te retrouverai quand même…

Joan Jett – Bad reputation

Prescription : en cas de besoin soudain de se sentir super bad-ass

Je ne pouvais pas ne pas la mettre, même si à force de l’entendre dans un million de teen movies, elle a perdu un peu de son charme. Mais elle est toujours très efficace pour sauter partout tout seul dans ton appartement.

Hole – Malibu

Prescription : en cas de vague à l’âme indéfinissable

Tu es déjà tout abîmé alors que tu ne vis encore qu’à moitié – protège-toi et envole toi. J’adore la voix de Courtney Love, et qui n’a pas envie d’aller faire un tour à Malibu et de contempler le soleil couchant sur la plage en buvant des bières ?

Bon, voilà, vous savez tout, ma playlist secrète qui me sert bien en ce moment. S’y ajoutent, en vrac, Robyn & son Dancing on my own, Florence and the Machine & Dog Days are over, Marina and the Diamonds & Prima Donna Girl, Pink & tout son répertoire.

Et bonne journée à vous !

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 09:58

Hello les amis. J’espère que vous allez bien – long time no see. Je n’ai pas beaucoup écrit ici récemment, principalement parce qu’il y a eu la rentrée de Septembre, des choses à mettre en place à la boutique (à défaut de clients, qui reviendront je l’espère en Octobre !) A présent j’ai une apprentie en alternance pour deux ans. J’ai renouvelé mon bail. Je croule sous le stock. J’ai ouvert un petit corner ailleurs histoire de. Bref, petit à petit l’oiseau fait son nid.

J’ai aussi été moins présente physiquement à la boutique en Septembre car comme il n’y avait pas un chat, j’en ai profité pour laisser mon apprentie se faire la main. Il se trouve que ça m’arrangeait aussi parce que je me suis mise à fréquenter quelqu’un (copyright de l’expression : ma grand-mère de 85 ans). C’était sympa comme tout. Bon, maintenant il est reparti dans sa Grande-Bretagne natale et on est censé démarrer tout un truc à distance, joie et cœurs, angoisse et logistique, on verra bien ce que ça donne.

Je l’ai même invité à déjeuner chez mon frère le week-end dernier, à l’occasion de notre repas annuel pour fêter nos deux anniversaires respectifs. J’ai ouvert la porte et le Neveu m’a bondi dans les bras : Tatie tatie tatie ! Ok. Après deux minutes d’intenses retrouvailles, j’ai tourné Neveu vers l’Anglais et je lui ai dit : Neveu, je te présente l’Anglais. Le nain a gratifié le Grand-Briton de son regard le plus glaçant et a refusé de dire quoi que ce soit, avant de quitter mes bras et de s’enfuir dans sa chambre. Et bonjour à toi aussi.

On s’est ensuite tous retrouvés autour de la table basse pour l’apéro, l’Anglais tout intimidé, ma belle-sœur toute bavarde et contente à l’idée de dérouiller son English, mon frère tout en retrait en mode Je suis un grand frère protecteur. Mon neveu a avalé la quasi-intégralité du bol de noix de cajou avant de réaliser qu’on parlait une langue qu’il ne comprenait pas. Et ça, il n’a pas aimé du tout. Il a commencé par réclamer qu’on parle en français en fixant l’Anglais d’un air courroucé. Puis, quand sa mère lui a expliqué que vraiment, c’était pas possible, il a pris le parti de hurler à tue-tête BLABLABLABLABLA dès qu’on essayait d’avoir une conversation dans la langue de Shakespeare. Le truc qui met bien à l’aise, quoi. Il a quand même réussi à me parler un peu de l’école entre deux olives fourrées, et à me dire des trucs comme Mon autre tatie aussi elle a un copain. Puis on est passé à table, sa petite sœur de quatre mois nous regardant tous béatement avec son grand sourire trop choupi (même l’Anglais a dit qu’elle était choupi. Ne vous inquiétez pas, on utilise une contraception).

Durant le repas, mon neveu a continué avec ses BLABLABLA mais globalement le fait de manger l’a pas mal occupé. Vers la fin, comme il commençait à s’agiter, mon frère s’est mis en tête de l’intéresser au pauvre Anglais qui n'avait rien demandé en faisant un rapprochement avec Robin de Bois (l’idole du moment dans le petit monde de Neveu) : Tu vois, l’Anglais il vit dans la forêt de Sherwood. Air perturbé de l’Anglais : What did he say ? J’explique. Il dit : I don’t think it’s true. Mon frère : Just play along. (A Neveu) Et il a même un T-shirt vert, comme Robin des Bois ! Neveu était un peu suspicieux mais il a fini par se laisser convaincre. Du coup, il a logiquement voulu attribuer un rôle au nouveau-venu. Je vous rappelle que je suis la grosse poule, mon frère Petit Jean, ma belle-sœur Marianne, et mon père Frère Tuck (sympa). Devinez ce qu’est devenu l’Anglais ?

Le Shérif de Nottingham. En même temps, il fallait bien que quelqu’un s’y colle. Du coup, ce fut un excellent prétexte pour Neveu d’aller chercher sa peluche castor et de frapper l’Anglais avec en hurlant A mort le shérif ! Stoïque, le Grand-Briton a encaissé. Et puis, au moment du dessert, Neveu a eu une autre idée brillante : il s’est rappelé qu’il aimait bien Peter Pan aussi, et il a commencé à faire le crocodile qui a avalé une horloge. En gros, il s’est mis à ramper dans toute la pièce en hurlant (je dis bien hurler) TIC TAC TIC TAC et en agitant son popotin en rythme. C’était mignon/rigolo les vingt premières secondes. Puis c’était juste pénible. L’Anglais me demandait : What is he doing ? d’un air paniqué. J’ai essayé d’expliquer de mon mieux. Mon frère a fini par mettre Neveu au lit pour couper court à la représentation. On a fini notre thé et on filé sans demander notre reste. A peine sorti, l’Anglais m’a dit They are lovely people. Je lui ai jeté un regard interrogateur. Il a compris et il a développé : il a deux neveux JUMEAUX de trois ans. Chapeau, total respect.

Bref, c’était un chouette mois de Septembre. Mais quelque part, je suis aussi contente qu’il soit fini. C’était un mois inhabituel, un peu chaotique niveau organisation, à jongler entre le boulot et le temps libre, à découvrir une nouvelle personne. Maintenant qu’il n’est plus là, j’ai à nouveau du temps pour moi, ma routine habituelle, je peux voir mes amis plus souvent, je peux me remettre à fond dans le travail. Du coup, ça renforce l’impression d’avoir vécu une parenthèse, d’avoir été dans une bulle et de l’avoir brutalement crevée. En gros, c’est un peu tristoune les premiers jours. Mais advienne que pourra, et au moins c’était bien le temps que ça a duré, ce sera bien le temps que ça durera. Voilà, au moins vous comprenez mieux ma relative disparition IRL et sur ce blog.

Mais je suis de retour. Préparez-vous donc à une avalanche de grandes culottes.

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 21:44

Bon, fini de plaisanter les copains. On raccroche les serviettes, on fait sécher les maillots, on remet le cartable sur le dos. Back to school, back to work, back to the shop. Malheureusement non, la vie ne peut pas être qu’un long fleuve tranquille de siestes, de mauresques et de parties de pétanque au soleil couchant.

Ou bien si ?

Mes vacances 2014 ont été, au global, un bien meilleur cru que celles de l’an passé. J’ai quitté la boutique le cœur mille fois plus léger, beaucoup plus calme et sereine. J’ai réalisé a posteriori que l’été précédent, j’avais eu besoin des cinq premiers jours (notre séjour à Naples) pour décompresser. Là, pas besoin, j’avais la super patate et le moral au beau fixe pour Istanbul avec les copines. C’était un voyage au top, malgré un début des plus chaotiques. Grâce à l’effet conjoint du retard de notre vol depuis Paris et de l’avance de notre correspondance à Rome, on s’est retrouvé à traverser l’aéroport en dix minutes, en grillant tout le monde au contrôle des passeports et en choppant le pire point de coté du monde, au point que j’ai cru que j’avais mes règles qui se déclenchaient mais en fait non, c’est juste que je ne fais jamais de sport.

Et puis, une fois montées dans l’avion, l’une d’entre nous a trouvé le billet abandonné d’une passagère précédente, et il s’est avéré qu’on avait galopé à travers tout l’aéroport de Rome pour remonter dans le même putain d’avion que celui qui nous avait transporté depuis Paris.

Bon, shit happens. On est quand même arrivées en Turquie le vendredi soir, les quatre fantastiques, ou les quatre dindes, c’est selon. L’hôtel était chouette et super bien placé. Premier soir, premier dîner en face de la Mosquée Bleue au soleil couchant, devant un bon kebab et une tranche de pastèque. Le bonheur de vivre.

Et puis des visites, plein de visites. Les mosquées au petit matin. Les chats, partout, tout le temps, pour ma plus grande joie. Le soleil. L’agneau grillé et les baklavas à la pistache. Les taxis et le grand n’importe quoi. Le sens de l’humour à la turque, qu’on a rarement saisi. Sexy baklava. L’achat d’un sarouel qu’on ne remettra jamais, pour la modique somme de trois euros. Le Bosphore en bateau au soleil couchant. Les îles aux Princes, la mer, les mecs qu’on a matés sans scrupules (mais avec discrétion). Le Turc nous a plu, globalement. On n’arrêtait pas de tomber en amour. Certaines ont ratissé, plutôt large (voir cet article pour la théorie du râteau). Les discussions de meufs, écroulées sur le lit en pyjama, devant un cocktail sur un rooftop de ouf, dans le taxi, au petit déj, partout, tout le temps. Les poils, les mecs, le porno, les filles, les autres, le couple, la vie, la famille, les amis. C’était bien. C’était parfait. Vivement l’été prochain.

Après cette escapade eurasiatique, j’ai pris le train pour le Sud, direction les parents. Par un incroyable timing, ma grand-mère paternelle est morte le lendemain de mon arrivée. Deuxième partie des vacances un peu doux-amère, grande joie de voir la famille, tristesse et tension du décès et de l’enterrement. La cérémonie était très belle. J’écoutais le curé officier et mon père pleurer, et tout ce que j’étais capable de me dire, c’est que c’est comme ça que tout finit : dans une boîte, entre quatre murs, avec des gens qui racontent ta propre histoire à leur manière, qui te reconstruisent de par leurs souvenirs. Mais ça te fait une belle jambe, ce qu’on a à dire sur toi, une fois que tu es dans ta boîte. Avant ça, avant l’encens et l’eau bénite, avant le cimetière de quelque confession qu’il soit, avant les hommages et les portraits, il faut vivre, vivre sans en rater une miette, sans repousser à jamais, sans se mettre des barrières. On sera bien assez coincé au fond de la tombe. On a fini par un repas de famille des plus animés, un peu flamboyant, aux frais de la défunte, en échangeant des anecdotes à son sujet et à propos de tout et n’importe quoi. Mon premier enterrement.

Chez mes parents, il y avait aussi mon neveu et ma nièce, la douce progéniture de mon passionnant grand frère. Si la petite sœur est encore un peu jeune pour être intéressante (sa brève existence se compte encore en mois), mon neveu est clairement un personnage qui ne peut être ignoré. Littéralement, déjà : à la moindre tentative de m’éclipser, il me hurlait dans les oreilles Tatiiiie, tu viens ! Je viens, oui chef, bien chef.

Je suis venue partout : dans le jardin voir les escargots, dans le salon voir Robin des Bois ou Peter Pan, dans la cuisine pour lui servir un verre de grenadine, dans sa chambre pour lire une histoire, dans le petit bois au fond du jardin pour jouer. Mon neveu, cet été, c’était Robin des Bois, bâton fièrement dressé, arc bandé (ce ne sont pas des métaphores sexuelles, il n’a pas encore trois ans). Il se baladait dans sa petite pinède en propriétaire de l’endroit, faisant du feu imaginaire et affrontant des loups hypothétiques. Sa mère était évidemment Marianne (complexe d’Œdipe bonjour). A noter que mon propre père est devenu Frère Tuck, probablement à cause de la calvitie. Quant à moi, le premier jour, j’ai eu l’immense honneur d’être Petit Jean, le pote de toujours de Robin, celui avec qui il se marre et fait les quatre cents coups. Je le suivais partout en disant Où on va, chef ? Je te suis, chef, et ça le faisait rire aux larmes. Et puis, le deuxième jour, je suis venue le retrouver dans le petit bois pour jouer, et mon frère était déjà là. J’ai demandé à mon neveu : C’est qui, ça ? Il m’a répondu : C’est Petit Zean. J’ai donc logiquement demandé : Mais je suis qui, alors, moi ? Et là, il m’a assenée d’un air hautain, pendant que mon frère ricanait sournoisement : Toi, tu es la grosse poule.

La grosse poule, c’est Gertrude, la copine de Marianne. Mon frère avait fait remarquer au chef que Petit Zean ne pouvait pas être incarné par une fille, et j’avais donc écopé du rôle de la grosse poule de Disney. Bon, après je me suis souvenue que ce personnage est super cool, pas du tout genrée, courageuse et drôle, et j’en ai pris mon parti. Même si mon frère a persisté à m’appeler Gertrude tout le reste du séjour (il a tout de même 33 ans, je le rappelle).

Et puis voilà, aujourd’hui c’est le retour à Paris, le retour au travail, le retour à la vie de tous les jours. J’ai beaucoup discuté et amélioré la théorie de la brique (voir début ici), durant ces vacances. Deux autres comportements typiques de la brique à noter :

- Quand tu lui dis que tu ne te sens pas bien dans la relation et que tu envisages de rompre, il te répond Ok, très bien, si tu ne te sens pas bien, je n’y peux rien et je préfère te laisser partir. Ou alors, tu pourrais aussi essayer de changer ta façon de faire, non ?

- Quand tu pointes certains indices communément admis comme faisant partie d’une vie de couple plutôt florissante et en mode roue (la rencontre de ses parents, le fait de ne plus mettre de capote, le fait de rencontrer ses potes…), il te répond que lui ne voit pas en quoi c’est impliquant et que c’est encore toi qui t’es fait des idées. Mais bien sûr. Et ma main sur ta gueule, c’est juste une idée aussi ?

Bon. J’ai également décidé de changer la conclusion de mon premier article sur le sujet. Je disais précédemment que j’en avais marre d’être une roue qui se heurte sans arrêt à des briques, et que j’allais donc moi-même me transformer en parpaing. Sauf qu’en fait, non. Je ne peux pas aller contre ma nature profonde qui est de rouler librement aux quatre vents. Je vais donc tenter, je dis bien tenter, de trouver une roue avec qui faire un bout de chemin. J’ai très récemment eu vent de quelques exemples dans mon entourage qui m’ont redonné espoir dans l’existence de roues masculines hétéros. Après, qui sait, ce sont peut-être des mirages et peut-être vais-je encore finir par me prendre une brique de plein fouet, mais ce sont les risques du métier, advienne que pourra.

Et en vrac, pour terminer : bons baisers aux Marseillais. Mes félicitations aux récents fiancés. Miss un bon paquet de monde que je n’ai pas vu depuis trop longtemps. Désolée pour l’absence soutenue de nouvelles, je rattrape mon retard de communication bientôt. Il pleut toute cette semaine à Paris. Je vais bosser. Je vais rêver au Montenegro, aux calanques et au Hampshire. Que Dieu vous garde, mes enfants, et bonne rentrée à tous !

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 10:22

Girls. Les meufs. Les filles, les femmes, les copines, les amies. Celles que tu appelles quand tu as besoin de relâcher la pression. Celles que tu textotes cinquante fois par jour. Celles que tu retrouves toujours avec plaisir et un grand sourire. Je me félicite tous les jours d’être si bien entourée.

Les filles en one on one, autour d’un verre en terrasse, d’un MacDo, au bout du téléphone. Parler de tout, de rien. De sujets légers – de garçons, de sexe, de collègues, de gens qu’on connaît, comme les épisodes successifs d’un bon feuilleton. Aborder les sujets plus importants, plus graves. La famille, le couple, la carrière, l’avenir. Pouvoir tout se dire. Raconter le moment qui nous obsède en détails, sans rien omettre, et attendre l’avis bienveillant, le bon conseil rassurant. Juste pouvoir le sortir de notre tête en fait, juste pouvoir le confier à quelqu’un, le revivre avec lui. Un poids en moins. Savoir qu’il y a un autre dépositaire de ce moment peut-être insignifiant, peut-être crucial. Savoir que les instantanés de notre vie sont entre de bonnes mains.

Parler de rien, aussi. Du quotidien. Des petites embrouilles. Des contrariétés de tous les jours. Faire des blagues pour exorciser, pour penser à autre chose. Passer en une phrase du small talk à la considération philosophique. Faire une analyse au Starbucks et résoudre ses problèmes relationnels autour d’un MacFlurry. Se sentir proche de la personne en face, presque connectée physiquement, savourer tout ce qu’il y a d’intime dans les confidences sans trop de filtre, dans le moment présent. Etre en confiance. Rattraper le temps perdu, parfois. Résumer de longs mois de sa vie en quelques phrases. Aller à l’essentiel. Jusqu’à se retrouver toutes les deux au même endroit, accoudées à la même balustrade, le sourire aux lèvres, l’envie de se revoir bientôt.

Les filles en groupe. Les bandes de meufs, les retrouvailles du crew, les tablées de douze. Les potes de potes, les collègues, les sœurs ou les cousines, toutes sont bienvenues. Les voix qui portent, on parle fort, on se vanne dur, on rigole sans arrêt. On sent monter la joie de se revoir presque concrètement, comme un fluide qui grimpe le long de nos jambes, qui déborde de tous nos pores. On fait de grands gestes, on commande des verres, on emmerde le serveur, on dérange les autres gens sur les quais de Seine. On s’apostrophe, on balance par ci par là des informations factuelles sur notre vie, le boulot, les vacances, RAS, on fait un petit état des lieux pour le bénéfice de la troupe. Quand on a traité les menues contrariétés et les nouvelles infos, on peut passer aux sujets de fond, les marronniers de ce genre de réunion. Les mecs, bien sûr. Celles en couple sommées de statuer sur leur relation : tout va bien ? Next step ? Vacances en commun ? Rythme de revoyure ? Tout roule ? On valide, adjugé, on peut passer à la suivante. Les célibataires ou celles plus dans le flou en profitent pour se confronter à d’autres opinions, recueillir des avis, établir un panel. Soumettre une situation, un garçon, une décision, au vote des participantes, pouce en l’air, pouce en bas. Des sous-groupes se forment parfois, plus propices à la confidence. Dans ce genre de petites bulles, on avoue plus facilement les choses moins roses, la solitude, le doute, l’angoisse, la peur. On en parle à demi-mot, à mi-voix, comme quelque chose d’un peu embarrassant, un peu tabou. Mais de savoir qu’on n’est pas toute seule à ressentir ça, on se sent mieux. On se rassure. La force du groupe. La force des autres filles.

Elles sont si fortes les filles entre elles. Elles sont d’acier, de béton, de pierre. Elles n’ont peur de rien, elles avaleraient des montagnes, et toutes les couleuvres sur leur chemin. Elles savent par cœur les pièges sur leur route, elles reconnaissent d’instinct les situations foireuses. Elles sautent parfois à pieds joints dedans, sciemment, en l’avouant sans honte à leurs camarades. On a besoin de se tromper parfois. On a besoin d’aller au bout de son erreur. Pas de jugement. Les filles reconnaissent leurs propres limites, leurs points faibles, ce qui les fait craquer à tous les coups. Elles se connaissent par cœur. Du coup, elles ont l’impression de connaître les garçons par cœur aussi. A force d’en parler, de décortiquer, de démonter les mécanismes, ils finissent par beaucoup se ressembler, par paraître presque interchangeables. Elles tentent même de les ranger par catégorie, de leur attribuer une étiquette, pour y voir plus clair, pour se faciliter la vie. Enfin, ceux qui ne comptent pas, ceux qui ne font que passer. Les importants, ceux qui marquent, ce sont justement ceux qui échappent aux catégorisations hâtives, qui ne sont ni des briques, ni des connards, ni des flippés du couple, ni des trompeurs, ni des lâches. Ceux qu’on ne peut pas immédiatement affubler d’une tare, et qui du coup semblent presque trop beaux pour être vrais. Ceux qu’on finit par résumer pudiquement d’un « je l’aime bien ». Les autres se réjouissent, les autres applaudissent : ce n’est pas tous les jours qu’on aime bien un garçon.

Un garçon, ou une fille d’ailleurs. Plusieurs filles, plusieurs garçons. La liberté. La liberté de ne pas être jugée, de parler de sexe comme on veut, d’exprimer ce dont on a besoin, d’être sale, d’être crue, d’être honnête. De manifester un énervement partagé et non minimisé, rationnalisé, méprisé. D’être soutenue dans ses revendications, dans ses convictions. Une forme d’adhésion plus automatique qu’avec des garçons souvent, parce qu’il faut leur réexpliquer, leur faire prendre conscience que, leur faire enfiler un peu nos chaussures et marcher avec. Une forme de solidarité du genre, qui n’exclue pas toutes les autres solidarités bien sûr.

J’ai de la chance d’être entourée de tant de femmes remarquables. Entourée au sens large : les amies proches ou moins proches, celles que je vois une fois par an, celles que j’ai tous les jours au bout du texto, celles que je croise sur les réseaux sociaux, celles avec qui je travaille de près ou de loin. Il y a toujours quelque chose que j’admire chez elles. Je suis aussi entourée de garçons formidables que j’admire parfois tout autant. Mais aujourd’hui, j’avais envie de parler des femmes dans ma vie. Et de les remercier de me pousser autant en avant, parfois inconsciemment, parfois à leur insu. Who run my world ? Girls.

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Published by Nombre Premier - dans Féminisme 101
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Des fruits, du fun, du goût.

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Nombre Premier a un Pinterest (trop hipster) (tellement hipster qu'elle ne l'alimente plus)

Et aussi, elle a écrit un livre (petit, le livre).

Et enfin, elle a aussi une adresse mail (so 2000s): nombrepremier.contact@gmail.com